La viande rouge est la seule constante dans la gastronomie de l’Adrar ; elle est l’aliment de base incontesté des repas locaux. Cette place privilégiée s’enracine dans une longue tradition oasienne. La viande rouge n’y est pas seulement la principale source de protéines, elle sert également à honorer l’invité, et est un cadeau que l’on offre lors d’événements sociaux.
Le marché à la viande, au centre-ville d’Atar, connaît une forte demande pour cette denrée au cours du mois de Ramadan, avec une présence remarquable et un suivi continu des autorités locales.
M. Sidi Haiba Ould Abderahmane, délégué régional du ministère du Commerce et du Tourisme, explique que la viande est disponible en quantité suffisante, à des prix stables : “Nous avons eu plusieurs réunions avec les bouchers sur l’approvisionnement du marché, avons discuté du mécanisme de fixation des prix, et avons convenu avec eux des prix au kilogramme ».
Les prix en général, et ceux des viandes rouges en particulier, font l’objet d’un suivi étroit, et soumis aux normes requises de qualité. Le marché est systématiquement nettoyé tous les jours, et fermé à la fin de la journée, dans le cadre d’une série de mesures strictes prises par les autorités locales de la wilaya dans le contexte du coronavirus.
Mohamed Ould Issa, jeune boucher, indique, de son côté, que la viande cameline et bovine est vendue à des prix raisonnables, entre 1200 et 1500 anciennes ouguiya le kilo. Il affirme que, pour le moment, l’affluence est faible, comparée au Ramadan de l’année dernière, tout en espérant qu’elle sera plus forte les prochains jours, quand la consommation des ménages reprendra son rythme habituel.
Le prix d’achat des animaux pendant cette période a connu une certaine augmentation, en raison de la fermeture des frontières, du climat qui prévaut suite à la pandémie du Coronavirus et de la poursuite du cycle de la sécheresse dans la wilaya. Le marché est fourni en animaux d’abattage à partir de Nouakchott. Un groupe de fournisseurs y pourvoit à des prix variant entre 320 et 350 000 ouguiyas (A-UM) l’unité pour les camelins, 40 et 80 000 ouguiyas l’ovin, et 130-240 000 A-UM le bovin.
M. Moussa Ould Keikoura, président de la fédération des bouchers, affirme que son organisation a pris les mesures adéquates pour assurer l’approvisionnement quotidien du marché, avec 10 camelins, 11 moutons et un nombre suffisant de bovins. Mais, selon lui : « on remarque une baisse de l’afflux des acheteurs par rapport à la première semaine du Ramadan ».
Les propos de M. Hamen Ould Maouloud vont dans le même sens : « l’approvisionnement du marché en viande rouge est important ; l’affluence est moyenne, et les prix sont abordables ».
Le délégué régional salue le rôle de la commission régionale de développement rural, qui a mené plusieurs campagnes de vaccination du bétail dans les différentes moughataas, et se félicite de la qualité du suivi sanitaire des animaux, avant leur entrée dans le circuit de la consommation
Mme Ghlahoum Mint Oumar, une citoyenne d’Atar, fait souvent ses achats au marché. Selon elle, la viande est abondante, et est vendue à des prix à la portée du consommateur. Et cela, malgré un mois de Ramadan, qui se déroule dans le contexte particulier de la pandémie du COVID-19. Elle émet le souhait que les prix n’augmentent pas.
Souhait partagé par les habitués du marché, qui sont unanimes au sujet de l’importance de celui-ci dans leur approvisionnement en viande rouge.