Un sur le thème « Développement rural au Sahel (cas de la Mauritanie) et les expériences de l’Union Européenne », organisé par la Faculté des sciences juridiques et économiques en collaboration avec l’Université autonome de Madrid et le réseau espagnol AMENET, a été ouvert ce mercredi à Nouakchott. Cette rencontre a permis de croiser des expériences en matière de développement rural et d’en tirer un bilan comparatif.
Au programme du séminaire, une série d’exposés sur les différents aspects du thème, suivis d’échanges, notamment l’étude du cas de la Mauritanie et l’impact du secteur agricole sur son développement.
Dans une allocution d’ouverture de la rencontre, le doyen de la Faculté des sciences juridiques et économiques de l’Université Al Assriya de Nouakchott, Dr Moctar Fall Mohamedou a souligné le niveau académique, les compétences scientifiques et la riche expérience des experts des deux universités de Nouakchott et de Madrid qui participent à ce séminaire, précisant que leur présence rehausse ce forum et constitue un gage de son succès.
Il a fait observer que les différentes thématiques de la rencontre revêtent une grande importance pour la Mauritanie en raison de la place qu’occupe le secteur agricole dans l’économie du pays et dans la résorption du chômage. La première journée du séminaire a été marquée par un exposé sur le thème «Agriculture oasienne: Quels apports pour la sécurité alimentaire en Mauritanie», présenté par Sadvi OULD Sakhawi, professeur d’économie qui a, d’abord, évoqué les trois grands types d’oasis, avant de définir l’Insécurité alimentaire comme : «l’incapacité de faire face aux besoins alimentaires de base pendant toute l’année». Il a, en outre, précisé quel’ Insécurité alimentaire en Mauritanie touche environ 26 % de la population (près d’un million), repartis comme suit: 28% pour les femmes, 20% pour les hommes, 27% pour les filles et 25% pour les garçons. Les groupes les plus vulnérables sont : les femmes, les jeunes enfants (25 % des enfants de moins de 5 ans ont une insuffisance pondérale, 30 % ont des retards de croissance et 5 % sont émaciés/maigres), les jeunes et les chômeurs, les petits producteurs, les personnes âgées, handicapées ou malades. Selon le professeur, l’insécurité alimentaire est majoritairement rurale bien que le phénomène ait tendance à s’étendre en milieu urbain.
Par ailleurs, il a indiqué que la production annuelle de dattes est estimée à 58870 tonnes dont prés de la moitié (55% en 2012) vient de l’Adrar. La phœniciculture reste assez vitale pour les populations oasiennes mais traditionnelle, peu performante (faiblesse du rendement) et exposée aux aléas climatiques (Rareté de l’eau). Les risques qu’encoure cette filière selon lui, sont : la sècheresse, les vents de sable, les inondations, le fléau aviaire, Acridiens, Sesamia cretica, autres ravageurs et maladies des cultures tel que le charançon rouge. Dans un tel contexte, l’agriculture familiale peut constituer sans nul doute une alliée de choix susceptible de répondre aux besoins des familles rurales les plus nécessiteuses et contribuer ainsi directement à leur sécurité alimentaire.