Les participants à la rencontre des gouverneurs des banques centrales africaines auprès des institutions de Bretton Woods ont, lors de la clôture de leur réunion samedi à Nouakchott, rendu public deux documents la "déclaration de Nouakchott" sur le financement du développement en Afrique: le rôle des bailleurs de fonds non traditionnels et un mémorandum des gouverneurs.
Ce dernier document en 5 axes a abordé les réformes structurelles entreprises au sein de la Banque Mondiale (BM) tandis que la déclaration de Nouakchott a insisté sur un certain nombre de recommandations portant sur la détermination du rapport entre le continent noir et les bailleurs de fonds.
Les participants ont renouvelé, dans ce même document, l’exigence du continent d’obtenir un 3ème siège au sein du conseil d’administration du Fonds Monétaire International (FMI) en plus de leur demande auprès de ces mêmes bailleurs de fonds d’aide pour les pays africains pour faire face aux défis engendrés par la crise alimentaire mondiale actuelle et ses répercussions sur le continent ayant conduit à la hausse vertigineuse des prix du pétrole et de l’énergie.
Ils ont salué la nouvelle donne de la BM en matière de politique alimentaire mondiale et son mécanisme de réponse aux crises qui met à la disposition des pays africains 1,2 milliard de dollars de financement rapide et s’associent à l’intention manifestée par le groupe de la BM de relever son assistance à l’agriculture en Afrique de 4 à 6 milliards de dollars durant l’année à venir et d’accroître ses prêts à l’agriculture de 450 à plus de 800 millions de dollars.
Les gouverneurs des banques centrales africaines ont souligné la nécessité d’axer sur le développement sur secteur agricole, de rendre disponible les expertises dans ce domaine, de faire participer les pays africains à la sélection, à la conception et à l’exécution des programmes et projets financés dans ce cadre et d’oeuvrer à la formation du cadre humain ainsi qu’à la construction d’infrastructures adaptées au volume du développement requis et qui tienne compte des besoins des pays du continent au demeurant très importantes dans ce domaine.
Les participants ont mis en avant le rôle des institutions de Bretton Woods dans la concrétisation des engagements financiers en faveur de l’Afrique et souligné l’intérêt que représente l’accélération du processus d’exécution des recommandations contenues dans la déclaration de Paris et notamment pour réserver une plus grande part de l’appui financier et technique au secteur agricole des pays africains et faciliter l’accès de leurs produits aux marchés mondiaux.
Enfin, la déclaration de Nouakchott a appelé les bailleurs de fonds non traditionnels à orienter leurs contributions financières vers les domaines du transfert d’expertises et de technologies aux pays africains et à réduire les taux d’intérêt sur les prêts qui leur sont consentis.
Il convient de noter que la réunion des gouverneurs des banques africaines a été supervisée par M. Kane Ousmane, gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie, président en exercice de ce groupe.