Les manifestations de sensibilisation commémorant la 5eme édition de la semaine nationale de la santé reproductive, placées sous le haut patronage de Madame Khatou Mint El Boukhary, épouse du président de la République, ont démarré mardi matin, dans les locaux du centre de conférences international à Nouakchott sous le thème de ” Ensemble pour qu’aucune femme ne meut en donnant la vie”.
Ces manifestations comportent l’organisation de diverses activités dans la capitale et certaines de nos wilayas contribuant à l’élargissement et à la diversification des interventions du programme de la santé reproductive.
Prenant la parole à cette occasion, le ministre de la santé, M. Mohamed Ould Khlil a indiqué que ” la célébration de la semaine nationale de la santé réproductive, cette année, sous le thème: “ensemble pour qu’aucune femme ne meurt en donnant la vie”, traduit la prise de conscience de l’ampleur et de la gravité du laps de temps que constitue l’épreuve de l’accouchement et de l’obligation de réunir les conditions requises pour la mère dans ce moment précis qui représente une étape cruciale dans sa vie et celle des communautés, afin de l’entourer davantage de voies et de moyens de nature à garantir une maternité sans risque”.
Il a ajouté que les chiffres alarmants des décès maternels “au niveau mondial démontrent clairement l’ampleur et la gravité de ce tableau qui n’a d’égal que la détermination des pays à unifier leurs efforts pour juguler ce danger et prendre en charge la problématique de décès maternels et infantiles. A ce effet, dit le ministre, les bonnes volontés doivent être mises à contribution pour la réduction de cette mortalité et la mise en place de stratégies pour la circonscrire.
M. Mohamed ould Khlil a souligné que, chaque seconde, une femme meurt, dans le monde, au cours de la grossesse et l’accouchement, soulignant que “si le taux de risque pour la mère d’être exposée à la mort au cours de la grossesse est d’une femme pour 8000 dans les pays avancés, ce taux est estimé à 1 femme sur 8 au niveau des pays africains les plus pauvres.
Il a précisé que plus d’un demi million de femmes perdent leur vie au cours de la grossesse en plus de cent millions d’enfants qui meurent avant l’âge de cinq ans.
Le ministre a souligné que la santé reproductive et la protection de la femme et de l’enfant constituent des axes prioritaires de l’action gouvernementale mise en oeuvre dans le cadre de la politique sanitaire.
Et de préciser que les hautes autorités du pays ont traduit cette option par la création d’une composante de la santé de la reproduction et la mise sur pied de la 1ère stratégie de la santé reproductive centrée sur l’étude de la mortalité maternelle et infantile pour la période 2003 – 2004.
Il a noté que la lecture des indicateurs de cette santé reproductive montre les progrès enregistrés en la matière mais laisse aussi entrevoir le long processus qu’il convient de parachever.
Dans cet ordre d’idées, le forfait obstétrical a été étendu à de nouvelles wilaya, une stratégie communautaire a été mise en place en charge de la mère et du nouveau né, la décentralisation des opérations de prise en charge de la mère et de l’enfant vivant avec le VIH/Sida a été renforcée, la formation des prestataires au niveau opérationnel a bénéficié d’un grand intérêt.
Il a ajouté que l’évolution annuelle de la mortalité maternelle au niveau des moughataa pilotes, du forfait obstétrical, qui a sensiblement régressé, montre l’impact positif de la mise en oeuvre de cette approche et sa relation avec la réduction de la mortalité maternelle à travers l’utilisation de services de santé par les femmes enceintes en particulier pour le prénatal et l’augmentation des accouchements assistés.
En ce qui le concerne, M. Michel Treutenaere, conseiller de coopération à l’ambassade de France, représentant de la coopération française a, au nom des partenaires au développement participant à l’appui du programme de santé reproductive, a relevé que l’initiative d’organiser une telle journée traduit l’intérêt que les hautes autorités mauritaniennes accordent à la problématique de la santé reproductive.
C’est aussi en même temps, dit-il, une des priorités de la coopération bilatérale et multilatérale.
Par la suite, les participants ont suivi un exposé sur la santé de la reproduction présenté par M. Mahfoudh Ould Boyé, coordinateur du programme national de la santé de la reproduction, dans lequel, il a traité les différentes étapes de développement de la santé reproductive ainsi que les objectifs et composantes du programme.
Selon les sources du ministère de la santé, les activités relatives à la santé maternelle et infantile et le forfait obstétrical à Nouakchott se sont développés de 4000 à 9641 avec un pourcentage de 42 à 77% et le pourcentages des naissances dans les centres de santé est allé de 9.000 à 12.000, avec un augmentation du nombre de césariennes (de 268 à 406) avec un pourcentage qui a évolué de 2 à 3%.
Au plan institutionnel, de nouvelles stratégies ont été mises en place dans le but de renforcer les institutions existantes déjà.
Dans le domaine de la prévention de transmission du SIDA de la mère à l’enfant, 14 centres de dépistage gratuit pour les mères enceintes, leur orientation, suivi et fourniture de prestations médicales et de la trithérapie.
Les mêmes sources ont précisé que les domaines d’intervention seront renforcés dans le but de faire profiter les populations cibles du forfait obstétrical à plus de 80% en 2009.