L'AMI

Arrivée de la 2ème vague des réfugiés mauritaniens au Sénégal

La deuxième vague de rapatriés mauritaniens venant du Sénégal et du Mali, est arrivée jeudi en milieu de journée à Rosso dans le cadre de l’opération de retour volontaire, conformément, à l’accord tripartite signé dans ce sens le 12 novembre 2007 entre la Mauritanie, le Sénégal et le HCR.

Ce contingent composé de 257 personnes issues de 61 familles, a été accueillie au niveau du quai de débarquement du bac de Rosso par le président de la commission nationale d’identification des rapatriés, les autorités administratives du Trarza, le maire de Rosso, les représentants du HCR, du PAM, et ceux de organisations de la société civile en plus des directeurs des institutions et projets concernés par cette opération de retour.

Peu après leur arrivée, nos compatriotes de retour au pays, ont été conduits vers un campement dressé au centre ville, pour y remplir des formalités administratives requises et recevoir les premiers soutiens avant d’être installés définitivement, dans leur village ou quartier d’origine.

Que ce soit au niveau du quai de débarquement du bac de Rosso ou le site d’hébergement dressé en face e la wilaya, la joie des uns et des autres était perceptible et en dit long sur l’importance des efforts consentis par tous les mauritaniens en vue e cicatriser la plaie qui a failli porter préjudice à unité nationale au cours des dernières années. La commission régionale et les commissions départementales et locales d’identification des rapatriés ont réuni les conditions favorables à la réussite de ce retour.

Ainsi, les commissions chargées de l’état civil, les équipes chargées de l’élaboration des cartes d’identité et celles chargées de la logistique et de l’organisation en général, ont été renforcées pour satisfaire en un temps record, les besoins de ce deuxième contingent plus important du point de vue nombre par rapport à la première vague rentrée au pays le 29 janvier dernier qui était seulement composée de 109 personnes.

Interrogés par l’Ami à bord du bac de Rosso, les rapatriés ont tous exprimé leur joie pour le retour au pays et apprécié à sa juste valeur la décision du président de la république, Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qui a conduit à la réalisation de cette opération d’envergure et d’intérêt capital pour le renforcement de l’unité nationale.

M. Samba Yéro âgé de 33 ans, qui a quitté le pays à 14 ans, n’a pas caché sa satisfaction pour l’organisation de ce retour.
Il a indiqué que les conditions de vie au Sénégal étaient acceptables, pays dans lequel, il exerçait le métier de mécanicien mais, que le retour au village natal n’a rien de comparable, car cela lui permettra de vivre en parfaite symbiose avec ses parents.

Quant à Mme Fatima Diallo, fille de chef du village du Bac à 3 km de Rosso, quitté le pays à l’age d’un an, pour revenir avec trois enfants dont la plus jeune de tout le contingent, âgée seulement de 9 jours, nommé Rama Sow, n’ayant connu que le Sénégal a hâte de regagner le village jadis dirigé par son père.

Elle a exprimé ses remerciements pour l’équipe médicale en place qui lui a aussitôt prodigué des soins et lui a remis un lot de médicaments. Son grand père maternel, Idi Diallo a quant à lui, exprimé sa profonde gratitude au pouvoirs publics pour la qualité de l’organisation du retour et l’engagement personnel du président de la république dans cette oeuvre grandiose. Interrogés par l’AMI, à propos de la nature de la contribution de sa commune à cette opération, le Pr. Yérim Fassa, maire de Rosso, a indiqué que son institution a pris des dispositions pour une pré réinsertion en faveur des compatriotes de retour dans sa commune.

Il a précisé que son action a déjà porté sur l’emploi de 6 rapatriés du premier contingent dans des activités de nettoyage et de voirie pour le compte de la mairie, ajoutant que l’action de la commune a porté aussi sur l’exonération des taxes communales au profit des rapatriés intéressés par les activités commerciales.

Le Pr. Fassa a affirmé que sa commune oeuvrera pur l’intégration scolaire des enfants des rappariés et a même dit son engagement personnel en tant que médecin spécialiste à assister les couches les plus sensibles notamment, les femmes et les enfants.

Le directeur du projet des cartes d’identité nationale, le commissaire principal Bouzouma Ould El Abd a, de son coté, indiqué que l’équipe fixe chargée de l’élaboration des cartes d’identité, au niveau du Trarza, a été renforcée pour la circonstance, par une autre équipe mobile afin de servir les rapatriés en âge d’obtenir la carte nationale d’identité, précisant dans ce cadre, que la première vague a été servie dans les meilleurs délais.

Pour ce qui est du directeur de l’état civil au ministère de l’intérieur, il a indiqué que sa direction prend en charge les rapatriés en matière de pièces d’état civil, et que pour ce faire, une équipe a été dépêchée sur place pour enregistrer l’ensemble des citoyens composant la deuxième vague des rapatriés afin de leur régler les problèmes de l’état civil.

Il a enfin précisé que les parents des enfant nés au Sénégal doivent désormais, être munis des pièces qui leurs ont été établies par les autorités sénégalaises afin d’accéder aux pièces d’état civil nationales.

En marge de la cérémonie d’accueil, le président de la commission nationale d’identification des rapatriés mauritaniens au Sénégal et au Mali M. N’Diaye Kane, a expliqué le processus d’identification et de rapatriement des réfugiés précisant dans ce cadre, que la première étape consiste à la présentation des demandes des postulants au HCR ensuite, ces demandes sont adressés par cette institution à la commission nationale d’identification qui les renvoie à son tour aux commissions régionales et départementales.

Après examen approfondi des dossiers, ces structures adressent de nouveau la liste des dossiers retenus à la commission nationale d’identification, unique organe habilité à statuer sur les dossiers retenus dans la liste finale adoptée par la commission nationale, envoyée au HCR pour procéder au processus de retour.

M. N’diaye Kane a affirmé qu’à ce jour il n’ y a eu aucun rejet de dossier mais plutôt qu’il y a eu des reports en attendant des compléments d’information au sujet de certains dossiers. Il a ajouté que désormais, deux mouvements de retour seront opérés chaque semaine.

M. Kane a rappelé le double objectif de la commission nationale d’identification qui assure, d’une part, à tous les mauritaniens désirant de renter au pays, la possibilité de le faire dans la dignité et d’autre part, le souci permanent d’empêcher toute infiltration de personnes voulant profiter de cette opération pour avoir le droit à la citoyenneté mauritanienne, précisant que la Mauritanie est un pays ouvert ou les ressortissants de tous les pays du monde peuvent y séjourner en toute quiétude suivant les conventions liant notre pays aux leurs, c’est-à-dire dans la légalité totale.

Il a enfin mis en exergue la qualité de la coopération qui existe entre la Mauritanie, le Sénégal et le HCR dans la gestion de ce dossier et qui a permis jusqu’à présent, la réussite des étapes précédentes.

Pour la coordinatrice de l’ONG Madina Athe, elle s’est félicitée du retour des réfugiés qu’elle a qualifiée de cheval de bataille du réseau des ONG opérant dans le domaine des droits d l’homme elle a ajouté que son institution est venue trois jours avant l’arrivée des rapatriés pour visiter les sites destinés à abriter ces derniers et voir sur le terrain les dispositions prises pour assurer la réussite de cette opération.

Elle a enfin dit que le sentiment qu’elle ressent est plutôt celui de satisfaction. Il est prévu, cet après midi que la deuxième vague soit acheminée vers les lieux de résidence définitive.

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