La donne environnementale est au menu de la deuxième conférence internationale du Réseau africain des journaliste de l’environnement dont les travaux ont démarré dimanche à Nouakchott sous le haut patronage du président de la république Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.
Organisée conjointement par la Mauritanie, le Mali, le Rwanda et l’Union Européenne, cette conférence de deux jours se fixe pour objectif de sensibiliser les décideurs politiques de l’urgence d’asseoir des politiques concertées dans le domaine de l’environnement.
Dans une allocution prononcée pour la circonstance, le premier ministre, M. Zeine Ould Zeidame, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, a indiqué que le choix de la Mauritanie pour abriter cette conférence n’est pas " fortuit car il répond au fait que notre pays fait face aux grands défis environnementaux tels la désertification, l’environnement marin, la pollution, l’urbanisation anarchique et les effets néfastes liés aux opérations de prospections minières ".
Pour faire face à cette situation, a-t-il ajouté, la Mauritanie a intégré la variable environnementale dans le Plan stratégique sectoriel afin que celui-ci aille de pair avec l’environnement démocratique que connaît le pays.
Il a relevé que la création d’un département ministériel chargé d’assurer la coordination, l’évolution, le suivi et l’exécution de la politique du gouvernement en matière d’environnement reflète la volonté du président de la république Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi de mettre en place un cadre institutionnel approprié pour prendre en charge – dans le moyen terme – les problèmes et les défis environnementaux.
Le premier ministre a réitéré, devant l’assistance, l’important rôle que joue la communication dans l’éveil et la conscientisation de l’opinion sur les enjeux environnementaux, surtout, a-t-il rappelé, que la Mauritanie s’est engagée en faveur de l’encouragement de la liberté d’opinion et d’expression.
Il a aussi noté que la loi relative à la libéralisation de l’audiovisuel constitue un signal fort sur la détermination du gouvernement à développer et à promouvoir une presse pluraliste, libérale, tolérante et participative.
M. Zeine Ould Zeidame a réaffirmé que le gouvernement oeuvrera pour la consolidation des pouvoirs de la Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel (HAPA) afin d’ancrer la liberté et le professionnalisme dans la presse en Mauritanie à travers une loi fixant les modalités d’appuis financiers à la presse.
Auparavant, Mme Aicha Mint Sidi Bouna, ministre déléguée auprès du premier ministre chargée de l’environnement, avait indiqué que l’importance de l’information et de la communication a été soulignée à travers les textes des déférents accords multilatéraux sur l’Environnement.
Elle a poursuivi en notant que la Stratégie nationale mauritanienne de développement durable considère dans son premier axe que la pertinence des activités orientées à l’information, à la sensibilisation et à la communication est une démarche qui doit accompagner la mise en oeuvre de l’ensemble des orientations opérationnelles à l’échelle nationale.
La mise en oeuvre des activités de gestion environnementale en Mauritanie, a encore dit la ministre, est aussi dépendante de l’intervention d’une multitude de répondants institutionnels ancrés à l’échelle la plus transversale, avec un positionnement particulièrement significatif de la société civile.
Parlant du rôle dévolu à la presse, elle a noté que son département appuie l’émergence d’une presse professionnelle vouée au développement durable et à la bonne gouvernance environnementale.
Mme Mint Sidi Bouna a révélé que sur un autre plan, son département, de concert avec la Banque mondiale, vient de lancer un ambitieux programme en vue de créer, au cours de l’année 2008, un Système d’information environnementale.
Elle a remercié, au nom de son département, le Réseau africain des journalistes de l’environnement ainsi que l’ensemble des partenaires techniques et financiers engagés dans la protection de l’environnement.
De son côté, le Président de l’ANEJ, M. Sidi El Moctar Cheigueir, avait souligné que la conférence de Nouakchott constitue la seconde d’une série de conférences régionales organisées par son association qui regroupe plus de 800 journalistes du continent. Ces conférences, dira-t-il, se donnent pour objectif d’amener les gouvernants à une meilleure prise en compte de la bonne gouvernance environnementale.
Il a relevé que les écosystèmes sont en danger comme jamais auparavant et noté qu’il ne se passe plus une semaine sans qu’un cataclysme lié aux dérégulations de la nature ne laisse, quelque part sur notre planète, des paysages en totale désolation.
Rappelant le triste Tsumani asiatique et le Catrina des Etats Unis il y a deux ans, M. Ould Cheigueir a averti que le monde est inquiet car des tsunamis et Catrina menacent encore.
"Les forêts se rétrécissent, les déserts arrachent aux hommes des terres cultivables quand ils n’ensevelissent pas des villes entières… des glaciers des pôles se fondent et accélèrent le réchauffement climatique", a-t-il alerté.
Selon lui, l’Afrique, notre continent, face à cet obscur tableau, est, hélas dans la situation la plus critique et la plus périlleuse " car ce continent est vulnérable aux plans économique, social et politique, un continent en quelque sorte laissé pour compte de la détérioration des écosystèmes ".
Le président de l’ANEJ a aussi indiqué qu’il est démontré que si des mesures de réduction des gaz à effet de serre d’au moins 24% ne sont pas prises dans les toutes prochaines années, les effets de détérioration de l’écosystème seraient irréversibles dans 50 ans.
Il a enfin lancé un vibrant appel aux dirigeants africains pour que soit prise en compte la bonne gouvernance environnementale.
Le représentants du Programme des nations unies pour l’environnement et celui de l’Union européenne avaient, tour à tour, pris la parole pour marquer l’importance de cette rencontre et noter que ses conclusions ne manqueraient de donner un souffle nouveau aux décideurs politiques pour que la donne environnementale trouve une place de choix dans les programmes sectoriels des gouvernements.
La conférence se poursuivra pour deux jours.