L'AMI

Le ministre des Finances expose devant l’Assemblée nationale les caractéristiques du Budget 2008

, 24 Déc – (AMI) – Le ministre de l’Economie et des Finances, M. Abderrahmane Ould Hamma Vezzaz, a, au cours de l’exposé fait devant l’Assemblée nationale sur les principales caractéristiques du Budget 2008, loué le travail accompli par la commission des finances sein de l’Assemblée et le climat dans lequel s’est déroulé ce travail.
Le ministre de l’Economie et des Finances s’est également félicité du niveau des discussions autour du Budget, au sein de la Commission, caractérisé, selon lui, au cours de trois semaines, par le sens de la responsabilité et l’analyse minutieuses du projet de loi de finances pour l’année 2008 telle que cela se traduit dans le rapport de la commission.
Le ministre a également souligné "l’importance des interventions des députés lors de la séance publique et la conscience qu’ils ont des enjeux du développement du pays, de la justice sociale et la nécessité de tirer profit, au plus vite, du climat démocratique et des acquis réalisés dans ce domaine", précisant, néanmoins, que "tout doit concourir à l’amélioration des conditions de vie des populations".
Le ministre n’a pas manqué, au cours de son intervention devant les députés, de rappeler la situation générale de l’économie qui constitue un arrière fond pour l’élaboration du budget de l’Etat dans un environnement mondial caractérisé, lui aussi, par des perturbations importantes au niveau des marchés financiers et des prix pouvant aboutir à des phénomènes telles l’inflation et des déséquilibres dans les échanges commerciaux au détriment des pays en voie de développement.
C’est par rapport à tous ces paramètres, dira le ministre de l’Economie et des finances, que l’économie du pays a enregistré, en 2007, une croissance limitée avec un taux d’inflation de l’ordre de 7,6%, selon le dernier rapport de l’Office National de la Statistique (ONS) publié en novembre 2007 qui précise, cependant que l’année prochaine l’inflation sera contenue à environ 7,4%. Le ministre a ajouté que la Mauritanie a pu conforter la sa position extérieure, en augmentant ses réserves en devises, en plus d’une plus grande maîtrise de la balance extérieure.
En ce qui concerne les perspectives de développement économiques pour l’année 2008, et selon les estimations du Gouvernement présentées récemment au cours de la présentation du projet de loi de Finances pour l’année prochaine, le ministre de l’Economie et des Finances a déclaré que le taux de croissance attendu est estimé à 5%, hors secteur pétrolier, ou à 5,4% en tenant compte des incidences du pétrole. Il a également indiqué que ce même taux de croissance pourrait franchir la barre des 6%, si les engagements pris lors des travaux du groupe consultatif pour la Mauritanie à Paris et si les projets sont exécutés en conformité avec le scénario prévu par le gouvernement. Revenant sur la question de l’inflation, le ministre de l’économie et des finances a dit que l’objectif du gouvernement est de ramener celle-ci, avant la fin de l’année 2008, à 6%.

Abderrahmane Ould Hamma Vezzaz a aussi indiqué que l’autre objectif est de consolider les réserves du pays en devises qui se trouve actuellement à moins de trois mois, en dehors des améliorations attendues de l’intervention du groupe consultatif de Paris, telle l’entrée de devises par le biais de nouveaux investissements.
En ce qui concerne les principales caractéristiques du projet de loi de Finances pour l’année 2008, le ministre de l’économie et des Finances a indiqué que cette loi s’est basée, essentiellement, sur les préoccupations évoquées dans le programme électoral du président de la République qui a acquis l"adhésion de la majorité des Mauritaniens et qui a aussi fait l’objet de la lettre de mission reçue par le Premier Ministre qui en a fait, en fin de compte, la Déclaration de Politique Générale du Gouvernement. Celle-ci considère, comme priorités essentielles, la consolidation de l’unité nationale, la réforme de l’Etat, l’encrage de la culture démocratique, la moralisation de la vie publique, le développement économique du pays, la lutte contre la pauvreté, le développement des ressources humaines et l’amélioration de l’accès des populations aux services de base. Le ministre a indiqué que la finalité de ces objectifs essentiels est l’amélioration des conditions de vie des populations par l’éducation, la formation et le perfectionnement professionnel pour un meilleur profit des opportunités d’emplois offertes, devant conduire à une réduction sensible du taux de chômage que connaît le pays, et ce grâce aux investissements privés nationaux et étrangers favorisés par un meilleur climat juridique et humain.
Le ministre de l’Economie et des Finances a aussi affirmé que la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gestion des biens de l’Etat font partie des axes essentiels de l’action du gouvernement pour que les projets et programmes soient exécutés de manière transparente.
Il a cité parmi ceux-ci la consolidation de l’unité nationale, l’allégement des souffrances des populations, le retour des déportés, qui a acquis un chapitre de financement dans le programme d’investissement prévu au cours des trois prochaines années pour une enveloppe globale de 19 milliards d’ouguiyas et 2 milliards d’ouguiyas sur le compte du budget de l’Etat pour l’année 2008, en plus de la recherche en cours d’autres financements complémentaires, ajoute le ministre de l’économie et des finances.
Le ministre a indiqué que le programme d’éradication des séquelles de l’esclavage qui peut être séparé des autres programmes, sera un programme complémentaire des actions économiques et sociales menées dans le même domaine, comme les programmes orientés vers la communauté cible au niveau des secteurs de l’éducation, de la santé, de l’emploi, du perfectionnement et des activités génératrices de revenus. Il a aussi évoqué un autre programme qui a pour vocation de limiter l’impact de la hausse des prix sur les conditions de vie des populations et la création d’emplois qui constitue l’un des axes essentiels de la politique économique du pays pour les prochaines années.
En ce qui concerne la mobilisation des ressources, le ministre de l’économie et des finances, M. Abderrahmane Ould Hamma Vezzaz, a expliqué que la loi de finances en cours de discussion prend compte de l’existence d’un secteur informel qui doit être poussé, par des mesures incitatives, à tendre vers une formalisation devenue plus que nécessaire pour un meilleur rendement économique et pour pouvoir profiter des services, tel le crédit.

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Le ministre a indiqué que la mobilisation des ressources passe nécessairement par la collecte des impôts qui ont un impact certain sur l’investissement privé et l’amélioration des avantages fiscaux qui encouragent les investissements étrangers, le développement de l’industrie locale.
Le ministre a aussi indiqué qu’il y a des mesures prises dans ce sens pour encourager les investissements dans le pays.
Le ministre a aussi déclaré que l’encouragement des exportations constitue une des préoccupations de la nouvelle politique économique. Il y a donc en vue la suppression de la TVA, l’allégement des droits sur ces exportations, une réparation juste de l’impôt et une meilleure intégration de l’économie de la Mauritanie dans celles de la sous région, ce qui constitue un facteur de plus pour encourager les investissements par l’adoption d’impôts et taxes concurrentiels, pas forcément en contradiction flagrante avec ceux adoptés dans les Etats de la sous région.
Le ministre de l’économie et des finances a déclaré que le gouvernement travaillera à mobiliser les ressources nécessaires pour le financement des secteurs de la santé, de l’éducation, de l’eau, de l’habitat social et tous ceux en rapport avec les services sociaux, tels la construction des routes et le désenclavement de certaines zones comme le recommandent certains députés.
En ce qui concerne les politiques spécifiques aux dépenses prévues dans le projet de loi pour l’année 2008, le ministre de l’économie et des finances a indiqué que le gouvernement a prévu, sur recommandations de certains députés lors de la discussion de la loi de finances de l’année dernière, de mettre en place des instruments de programmation et d’orientation des ressources de manière transparente.
C’est ce qui a abouti, ajoute le ministre, à la mise en place d’un programme de développement échelonné sur trois ans, d’un cadre de dépense à moyen terme et d’un programme d’investissement dont est issu la présente loi de finances. Le ministre a indiqué que seuls 70% du budget de fonctionnement seront consacrés à cet effet, soit une réduction de 70% par rapport aux budgets précédents qui seront orientés vers des secteurs ayant un impact positif direct sur la vie des citoyens. Le ministre a ajouté qu’il a été convenu avec toutes les administrations, et ce en fonction de leur plan d’action pour les trois prochaines années, de préciser les activités qu’elles pourraient réellement exécutées et qui auront un impact direct sur les conditions de vie des populations, telles la construction des routes et des hôpitaux, le désenclavement, l’adduction d’eau.
Le ministre de l’économie et des finances a déclaré, en fin de compte, que le résultat final de l’action gouvernemental consiste en l’augmentation, au bout de sept mois seulement, du budget des investissements à hauteur de 73%, ce qui confirme la volonté et la capacité du gouvernement à mettre en oeuvre les projets économiques susceptibles de transformer les engagements internationaux en faveur de la Mauritanie en conventions devant permettre au pays d’obtenir, en 2008, environ 110 milliards d’ouguiyas de financements extérieurs.
C’est la preuve, déclare le ministre de l’économie et des Finances, que les choses commencent à évoluer positivement et en si peu de temps. L’augmentation du budget de l’éducation de 35% et celui de la santé de 14% sont, déclare le ministre, les meilleurs indices sur les orientations sociales du gouvernement.
Smb.Yogh

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