Lutte contre le terroriste en Mauritanie: La Fermeté face à toute menace Par: Ahmed Salem Ould Moctar Salem
Face à l’intensité des attaques terroristes qu’elle a subie, la Mauritanie s’est lancée résolument, il y’a 6 ans, dans une lutte déterminée contre les groupuscules obscurantistes et les bandes de narcotrafiquants qui ont semé l’insécurité dans toute la zone. Cordons sécuritaires, unités de forces spéciales bien équipées et formées, contrôle aérien et terrestre des frontières, zones militaires interdites, points de passages déterminées, dialogue religieux, un panel de mesures pour contenir la menace.
Avec cette ferme volonté doublée de l’adoption d’une stratégie multidimensionnelle sécuritaire, la Mauritanie a opté pour l’intransigeance face à ce phénomène.
La Mauritanie a été victime de complots perfides orchestrés par une poignée de fugitifs terroristes et narcotrafiquants. Face à cette situation qui à pris, au cours des années 2003, un tournant critique, le pays est sorti du laxisme et de l’incapacité qui prévalaient jusqu’en 2008. Fort de sa foi en elle, du courage de sa vaillante armée, elle s’est lancée énergétiquement dans une bataille visant à éloigner définitivement le spectre du danger.
Preuve de fermeté
L’engagement à été sans faille car le pays était plongé dans une situation qui menace les fondements sur lesquels il fut toujours connu : sécurité, stabilité, ouverture et hospitalité. En si peut de temps les terroristes ont pu le transformer en front de guerre où la mort et la peur sont legion.
Vite reconstituée, équipée et bien formée, l’armée nationale resserre ses rangs et repousse la menace et obligeant les terroristes à se replier vers leurs bases arrière. En dépit de frontières très longues et un terrain difficile et souvent périlleux, les forces armées ont pu maitriser la situation de façon honorable. « Il n’est pas facile de sécuriser des frontières aussi longues mais il est inadmissible de déposer les armes devant un groupe de fugitifs qui sème la terreur et détruit les vraies valeurs de l’islam » martèle le patron des services de sécurité.
La volonté est ferme et il n’y a plus de place au laxisme car la Mauritanie nouvelle n’acceptera plus que sa sécurité soit hypothéquée par les terroristes. « Notre volonté inébranlable à défendre notre territoire continuera tant que la menace persiste » affirme t-il. « Il est inacceptable que l’ennemi réunisse les conditions pouvant lui permettre de sévir.» poursuit-il. Ainsi le pays s’inscrit dans une l’optique de vigilance qui ne lésine pas sur sa sécurité.
Devant cette fermeté, les terroristes changent de stratégie et adopte un nouveau volet de guerre asymétrique, dans le but de déstabiliser cette fermeté et parvenir à briser la détermination d’une armée devenue opérationnelle et maitre de la situation. Une armée, ne laissant aucune faille qui pourrait être exploité par les extrémistes. C’est ainsi que des frappes chirurgicales préventives sont effectuées à chaque fois que les assaillants se regroupent dans un point proche des frontières du pays pour perpétrer leurs lâches et atroces crimes. Les mailles sécuritaires se resserrent sur eux et les tentatives d’agressions sont étouffées à l’œuf.
Pris comme cible par certains médias tendancieux, la Mauritanie fait face à une campagne malveillante qui fait circuler des rumeurs faisant état d’éléments nuisibles qui attaquent les voisins à partir des ses frontières. « Les frontières mauritaniennes sont très bien gardées et des points de passages connues sont les seuls place a travers lesquelles on peut accéder en territoire national après avoir fait l’objet d’un strict contrôle » explique le ministre de l’intérieur et de la décentralisation Mohamed Ould Ahmed Salem Ould Mohamed Raré. « Les réfugies maliens qui viennent en Mauritanie sont fouillés, identifiés et inscrits sur des listes qui sont transmises au HCR qui gère le camp d’accueil et aucune personne qui porte des armes ne peut et n’a le droit d’y accéder » poursuit-il.
Il est vrai que l’ennemi, face aux efforts conjugués des pays du sahel dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, cherche à semer le doute entre ces pays prenant comme support des medias ca et là pour faire passer son message. On ne doit pas y croire car il est inadmissible de prendre au sérieux de telles allégations. Surtout quand elles proviennent de sources mafieuses. « Croire à la rumeur n’est rien d’autres autre que faire le lit des terroristes et Il ne suffit pas de parler mais de prouver. »
Une approche globale
La philosophie à partir de laquelle émane cette lutte qui est devenue un modèle dans la sous région à comme socle une vision globale qui prend en considération non, seulement l’approche militaire mais aussi la dimension religieuse. Un débat entre d’éminents Ulémas et des prisonniers salafistes a été mené aboutissant à des résultats satisfaisants. Plus de 70 prisonniers se sont repentis et ont bénéficié d’une amnistie présidentielle et d’un programme social sur la base duquel des financements leurs ont été attribués dans le but de les inserer dans le tissu social. « L’Etat a engagé un débat auquel ont participé des Ulémas de grande audience. Les résultats nous ont surpris car nous avons découvert que beaucoup des prisonniers étaient induit en erreur. Ils ont reconnu après les débats qu’ils ont été édifiés sur certaines fausses idées constituant les fondaments de leur doctrine radicale» nous confie, le Ministre des Affaires Religieuses et l’Enseignement Originel, Ahmed Ould Neini.
Pour Monsieur Hamden Ould Tah, Président de l’association des Ulémas de Mauritanie , l’approche est formidable car, dit-il, l’Etat a confié ce dossier à qui de droit et des éminents Ulémas ont dirigé les débats. La solution apportée au problème ne s’est pas basée uniquement sur l’usage de la force c’est-à-dire militaire mais elle a été plus ouverte et plus globale car le combat contre la radicalisme, source de terrorisme doit commencer d’abords par le dialogue, arguments contre arguments, affirme Monsieur Hamden Ould Tah.
La menace terroriste est présente partout dans le monde et le phénomène prend une dimension internationale pour cela la riposte doit être elle aussi internationale suggere le ministre de la communication et des relations avec le parlement, Mohamed Yahya Ould Hourma.
Pour lui, la coopération entre les pays est plus que nécessaire pour palier à ce fléau rampant précisant que l’UFL en est le bon exemple qui doit être élargi. Le ministre regrette toutefois qu’on comprenne apres coup mais il ne cache pas une certaine satisfaction quant à la prise de conscience du problème qui prend actuellement une échelle mondiale.
Un œil vigilant qui surveille
Sur le terrain le groupe de journalistes de la cellule de communication de l’Unité de Fusion et de Liaison (UFL) issue des pays du sahel (Algérie, Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Nigeria) s’est rendue à Bassiknou et a visité le dispositif sécuritaire sur les frontières à Fassala où le GSI 1 à pris position et le camp des réfugiés de M’Berré.
Au camp des réfugiés, qui compte 67.000 Maliens, la satisfaction est totale non seulement sur les conditions d’accueil mise en place par le gouvernement Mauritanien mais aussi sur les mesures de sécurité entreprises au profit des populations du camp. « Nous sommes ici sous l’œil vigilant des forces de sécurité Mauritanienne et depuis que nous sommes là aucun acte d’insécurité qui touche les résidents du camp n’a été enregistré » fait remarquer Mohamed Ag Malha dit Momo coordinateur du camp.
Très ému, Mohamed Ag Malha poursuit ses propos dans le même sens « Dans cette terre de Mauritanie on nous donne tellement d’honneur et de considération que nous nous sentons chez-nous ». « La population de Bassiknou nous a très bien accueillie, elle a accepté de partager avec nous l’eau, le pâturage et l’espace. Ce qui prouve encore une fois de plus, la générosité et l’hospitalité des mauritaniens». poursuit-il.
Le GSI1, que les journalistes ont visité aussi est une unité d’élite. Il est parmi les unités opérationnelles qui opèrent dans la zone. : Véhicules dotées de fusils mitrailleuses, soldats doigt à la gâchette scrutent l’horizon, moral élevé, vigilance totale, le premier groupement est prêt à intervenir au moindre signe de menace et là où elle se fait sentir.
Créée en 2008 dans le cadre de la nouvelle politique de lutte contre le terrorisme, ce groupement de sécurité et d’intervention est doté de moyens logistiques pour mener à bien la mission qui lui est dévolue. Une mission que le Lieutenant-colonel Ahmed Ould Abdi, chef du groupement résume dans la reconnaissance, le contrôle des points suspects, la recherche des groupes terroristes et narcotrafiquants, l’ouverture des zones difficiles avant l’intervention des autres unités, la sécurisation des compagnies étrangères qui opèrent dans la région, l’assistance aux citoyens des zones frontalières dans les domaines sanitaire et alimentaire. Une mission couronnée de succès a favorisé par le climat de sécurité et de quiétude que vit le pays tout entier. “Nous avons réussi à éloigner la menace terroriste du pays, obliger l’ennemi à se retrancher dans ses bases arrières loin de nos frontières”, affirme Ould Abdi.
Au moment où les journalistes effectuent une visite guidée au check-point, une voiture arrive avec à bord des passagers venant du Mali. La sentinelle vigilante arrête le véhicule qui s’immobilise aussitôt. Fouille systématique, contrôle d’identités et enregistrement sont faites le véhicule est autorisé à rentrer. Parmi les passagers un septuagénaire victime d’un accident est pris aussitôt en charge par l’équipe médicale du groupement pour recevoir les soins primaires avant d’être évacué immédiatement par l’ambulance au centre de santé de la ville de Fassala.
« Les personnes autorisées à rentrer en territoire national, quelque soit leur statut, (réfugies ou autres) ne peuvent entrer avec des armes ou de objets suspects » explique le lieutenant-colonel. Il est difficile voire impossible que quelqu’un puisse s’infiltrer ou faire entrer des armes sous l’œil vigilant qui surveille toute la frontière. La Mauritanie ne sera en aucun cas source de nuisance et restera toujours une terre de sécurité, de stabilité et de paix.