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Le ministre des Affaires étrangères devant l’Assemblée générale de l’ONU : la Mauritanie réaffirme son attachement au droit international et appelle à une réforme du système international

New York

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’Extérieur, M. Mohamed Salem Ould Merzoug, a réaffirmé l’attachement de la Mauritanie à la Charte des Nations Unies et aux principes du droit international, soulignant que sa politique étrangère repose sur le bon voisinage, le respect de la souveraineté des États, la non-ingérence dans leurs affaires intérieures et le règlement pacifique des différends.

Dans une allocution prononcée vendredi à New York devant la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, il a ajouté que la Mauritanie poursuit, sous la conduite de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, l’édification d’un État moderne, réconcilié avec lui-même, en harmonie avec son environnement et ouvert sur le monde.

Il a précisé que la Mauritanie a adopté une stratégie intégrée avec les dimensions politique, économique, social et sécuritaire, faisant du dialogue et de la concertation une méthode de gestion des affaires publiques, tout en lançant un processus de dialogue politique national inclusif visant à développer les institutions, à consolider l’État de droit et la démocratie et à protéger les droits et libertés.

Le ministre a également évoqué les efforts déployés pour renforcer l’unité nationale, lutter contre l’exclusion, la pauvreté et la vulnérabilité, élargir la couverture sanitaire, réformer l’école républicaine et promouvoir la bonne gouvernance à travers le renforcement de la transparence, l’indépendance de la justice, la lutte contre la corruption et l’amélioration du climat des affaires.

Dans le domaine sécuritaire, il a indiqué que l’approche nationale combine la lutte contre l’extrémisme et le radicalisme par la pensée et le dialogue, le renforcement de la préparation sécuritaire et militaire et le traitement des causes de la pauvreté et de la vulnérabilité, contribuant ainsi à préserver la sécurité et la stabilité du pays.

Sur le plan extérieur, le ministre des Affaires étrangères a réaffirmé l’engagement de la Mauritanie dans ses différents espaces régionaux et internationaux, ainsi que son attachement à la coopération, à la solidarité, au respect de la souveraineté et au bon voisinage, soulignant l’importance du multilatéralisme pour faire face aux défis communs.

Il a relevé que les crises mondiales, notamment la pandémie de Covid-19 et les perturbations des chaînes d’approvisionnement alimentaire et énergétique, ont démontré l’interdépendance des intérêts, de la sécurité et de la stabilité des États.

S’agissant de la migration, il a appelé à une approche réaliste fondée sur le renforcement de la coopération entre les pays d’origine, de transit et de destination, un partage équitable des responsabilités, le traitement des causes de la migration irrégulière et la lutte contre le trafic et la traite des êtres humains, tout en préservant la dignité et les droits des migrants.

Il a affirmé que la réponse à ces défis nécessite un partenariat international équilibré, une responsabilité partagée et une solidarité concrète, dans un monde de plus en plus interdépendant et complexe.

Le ministre a expliqué que le thème de la présente session, « Rétablir la confiance, gérer la transformation, une ONU au service de tous », traduit l’essence de la responsabilité collective à l’égard du système international, fondé sur la primauté du droit et le dialogue plutôt que sur la logique de la force et de la confrontation.

Il a ajouté que cette responsabilité revêt une importance accrue face aux défis auxquels est confronté le système international, notamment l’application sélective du droit international et le non-respect des engagements collectifs, ce qui affaiblit les mécanismes de coopération et de sécurité collective et réduit la capacité de la communauté internationale à prévenir et régler les conflits.

Il a affirmé que le multilatéralisme ne constitue ni une contrainte pour les intérêts et la souveraineté des États ni une manifestation de faiblesse, mais représente une nécessité pour protéger la paix et la dignité humaine et relever les défis transfrontaliers. Il a souligné que défendre l’Organisation des Nations Unies revient à défendre le droit des peuples à déterminer leur avenir et à participer aux décisions qui influent sur leur destin.

Il a appelé à construire une Organisation des Nations Unies plus équitable dans la représentation des peuples du monde et davantage capable de répondre aux exigences de notre époque, estimant que la réforme du conseil de sécurité est devenue nécessaire pour assurer une représentation équitable du continent africain, notamment à travers l’attribution à celui-ci de sièges permanents.

Il a également appelé à réformer le système financier international et à revoir les conditions d’endettement, afin de contribuer à l’instauration d’un partenariat international équilibré et d’ouvrir de plus larges perspectives au développement.

Il a souligné que la réforme du système international ne saurait être complète sans renforcer sa capacité à honorer ses engagements en matière de développement, appelant, à l’approche de l’horizon 2030, à accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable. Il a, à cet égard, salué les initiatives « ONU 80 » et « Pacte pour l’avenir ».

Concernant la question palestinienne, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’Extérieur a réaffirmé le soutien de la Mauritanie à une solution juste et durable à la question palestinienne, fondée sur l’Initiative de paix arabe et les résolutions de la légalité internationale, garantissant l’établissement d’un État palestinien indépendant et viable dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.

Il a salué les efforts de médiation déployés par les États-Unis, l’Égypte, le Qatar et la Turquie, appelant à la mise en œuvre effective de la résolution 2803 du conseil de sécurité relative au plan de paix pour Gaza, de manière à contribuer à instaurer la paix, à assurer l’aide humanitaire et à permettre la reconstruction.

Il s’est également félicité de la reconnaissance de l’État de Palestine par plusieurs pays européens et des mesures prises à l’encontre de colons israéliens impliqués dans des actes de violence, appelant à une action internationale plus efficace pour mettre fin à la colonisation et concrétiser la solution à deux États.

Il a regretté que les représentants du peuple palestinien n’aient pas été en mesure de participer directement aux travaux de l’ONU, appelant à garantir leur participation et à respecter leur droit à exprimer les aspirations de leur peuple.

Le ministre a réaffirmé le soutien de la Mauritanie au peuple libanais ainsi que son appui aux négociations visant à mettre fin à ses souffrances et à préserver la souveraineté et la sécurité du Liban.

Il a également réaffirmé la solidarité de la Mauritanie avec le Soudan et son attachement à son unité, sa souveraineté et son intégrité territoriale, appelant à mettre fin à la guerre, à privilégier le dialogue, à protéger les civils et à mettre un terme à leurs souffrances.

S’agissant de la Libye, il a renouvelé le soutien de la Mauritanie aux efforts des Nations Unies et de l’Union africaine visant à parvenir à un règlement durable préservant l’unité et la souveraineté du pays et assurant sécurité et stabilité à son peuple.

Concernant le Yémen, il a réaffirmé le soutien de son pays à la légitimité et aux efforts visant à parvenir à une solution pacifique fondée sur les initiatives arabes et les résolutions internationales pertinentes.

Il a exprimé sa profonde préoccupation face à l’escalade militaire au Moyen-Orient et aux menaces qui en résultent pour la sécurité et la stabilité de la région, ainsi qu’à ses répercussions sur la navigation et le commerce internationaux, notamment dans la région du détroit d’Ormuz.

Il a également réaffirmé la solidarité de la Mauritanie avec le Royaume d’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’État du Qatar, le Royaume de Bahreïn, l’État du Koweït et le Royaume hachémite de Jordanie, face aux attaques et menaces ayant affecté leur sécurité et leur stabilité.

Il a réaffirmé le rejet par la Mauritanie de toute atteinte au territoire et à la souveraineté des États, quelle qu’en soit l’origine, appelant toutes les parties à mettre fin à l’escalade et à faire preuve de retenue, à privilégier le dialogue et la négociation et à épargner à la région et à ses peuples davantage de crises et de souffrances.

En conclusion, le ministre a souligné que les mutations actuelles appellent à renouveler l’action des Nations Unies et à permettre à l’Organisation de retrouver sa vitalité et son efficacité au service de la paix et de la sécurité collective.

Il a insisté sur la nécessité d’accompagner les transformations mondiales, notamment les avancées technologiques, de manière à garantir qu’elles soient mises au service de l’être humain, soulignant l’importance de s’inspirer des valeurs des Nations Unies et de renforcer une gouvernance équitable et la coopération internationale, afin de contribuer à bâtir un avenir plus sûr et plus stable pour les générations futures.

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