ONM : des précipitations inégales et un déficit pluviométrique persistant dans certaines parties de la ceinture agricole malgré des signes positifs
Nouakchott
Un rapport périodique publié par l’Office national de la météorologie (ONM) a révélé que la saison des pluies de l’année 2026 connaît une disparité notable dans la répartition des précipitations sur les différentes régions de la Mauritanie, avec un déficit pluviométrique persistant dans de vastes parties de la ceinture agro pastorale, malgré la présence d’indicateurs climatiques positifs susceptibles de contribuer à une amélioration de la situation au cours des prochaines semaines.
Le rapport, qui couvre la période allant du 1er mai au 23 juillet 2026, précise que les wilayas du sud et du sud-est ont été les plus favorisées par les précipitations, les wilayas du Guidimagha, du Gorgol, du Brakna, de l’Assaba et du Hodh Charghi ayant enregistré les cumuls pluviométriques les plus élevés, dépassant localement entre 150 et 180 mm dans certaines zones.
De même, les quantités de pluie dans la plupart des zones agricoles et pastorales du sud ont varié entre 40 et 180 mm, ce qui a offert des conditions relativement favorables aux activités agricoles et pastorales.
En revanche, de vastes zones du centre et du nord ont moins bénéficié des précipitations, les quantités enregistrées n’ayant généralement pas dépassé 20 mm, tandis que les wilayas de l’Adrar, du Tiris Zemmour, de l’Inchiri et du nord du Tagant ont connu une forte baisse des précipitations, voire une absence totale de pluie dans certaines localités.
Le rapport a indiqué que la comparaison avec la même période de l’année 2025 a révélé un déficit pluviométrique manifeste sur de vastes parties de la ceinture agricole et pastorale, notamment dans les wilayas du Brakna, du Gorgol, de l’Assaba et du Hodh, où les écarts négatifs ont varié entre 10 et 40 mm, et ont atteint localement entre 60 et 100 mm, tandis qu’elles ont dépassé 150 mm dans certaines zones situées entre le Gorgol, l’Assaba et le Hodh El Gharbi. En revanche, certaines zones limitées du Guidimagha, au sud de Gorgoll et au sud-est du Hodh Charghi, ont enregistré des excédents.
Cette situation a eu des répercussions sur l’activité agricole dans plusieurs régions, où le manque de précipitations a entraîné une faible humidité des sols et retardé ou entravé la germination de certaines cultures. Par ailleurs, des échecs de semis ont été constatés d’où la nécessité de procéder à des ressemis dans certaines zones, ce qui suscite des inquiétudes quant au rendement de la saison si les conditions pluviométriques ne s’améliorent pas dans les prochains jours.
En revanche, les indicateurs climatiques continuent d’afficher certains signes positifs : le front intertropical se situe actuellement au nord de sa position habituelle dans la plupart des régions d’Afrique de l’Ouest, et il est plus avancé que sa position moyenne au cours des dernières années, ce qui favorise l’afflux d’humidité vers la Mauritanie et augmente les chances de poursuite des précipitations au cours des prochaines semaines.
Les modèles climatiques prévoient la poursuite de l’activité pluviale au cours des deux prochaines semaines sur les régions du sud et du sud-est, en particulier le long du fleuve Sénégal et dans les zones frontalières avec le Mali, avec une extension limitée possible des précipitations vers certaines régions du centre, tandis que les régions du nord resteront moins favorisées par les précipitations.
Les prévisions indiquent également que les températures maximales resteront supérieures à la normale sur la majeure partie du territoire, notamment dans le sud et le sud-est, tandis que les températures minimales resteront proches des valeurs habituelles ou légèrement supérieures.
L’Office national de la météorologie a conclu que la saison des pluies de 2026 continue d’évoluer progressivement dans le sud du pays, mais le déficit pluviométrique enregistré dans de vastes parties de la ceinture agricole et pastorale demeure et représente un défi pour les activités agricoles et pastorales, au moins en attendant une amélioration de la fréquence et de la régularité des précipitations pendant le reste de la saison de l’hivernage.