Ministère des Affaires économiques : 40 milliards MRU consacrés au programme de développement de Dakhlet Nouadhibou
Des membres du Gouvernement ont commenté, mercredi soir, les résultats du Conseil des ministres qui s’est tenu plus tôt dans la matinée. Il s’agit du ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvernement, M. Houssein Ould Meddou, du ministre des Affaires économiques et du Développement, M. Abdallah Ould Souleymane Ould Cheikh Sidiya, et du ministre des Mines et de l’Industrie, M. Dy Ould Zein.
Dans son propos introductif, le porte-parole du Gouvernement a indiqué que le Conseil a examiné et adopté plusieurs projets de loi, de décrets et des communications, notamment ceux relatifs à l’autorisation de la convention de crédit signée entre la Mauritanie et l’Institut de Crédit Officiel d’Espagne, destinée au financement du Projet de résilience et de développement communautaire de la vallée du fleuve Sénégal, aux modalités de gestion du Fonds d’accès universel aux services (FAUS), au programme de développement de la wilaya de Dakhlet Nouadhibou et au financement du projet minier El Aouj. Il a ensuite invité ses collègues ministres à apporter, chacun en ce qui le concerne, davantage de précisions.
Prenant la parole, le ministre des Affaires économiques et du Développement est revenu sur les points saillants du projet de loi autorisant la convention signée entre la Mauritanie et l’Institut de Crédit Officiel d’Espagne, destinée à financer le Projet de résilience et de développement communautaire de la vallée du fleuve Sénégal.
Il a indiqué qu’il s’agit d’un crédit obtenu par le pays à des conditions avantageuses, précisant qu’il s’inscrit dans le cadre d’un programme global destiné à développer cette région et à la protéger contre les inondations et les effets du changement climatique. Le prêt est d’un montant de 50 millions d’euros, avec un taux d’intérêt annuel de 1,42 %. Il sera remboursé sur une période de 30 ans, dont un différé de cinq ans.
Grâce à ce financement, le ministre a souligné que les zones situées le long de la vallée seront davantage aménagées, notamment les communes riveraines du fleuve. Outre la prévention des catastrophes naturelles et des effets du changement climatique, les populations auront accès à des financements destinés à créer ou renforcer des activités génératrices de revenus, afin de mieux faire face aux aléas climatiques.
Le ministre a également souligné que le projet permettra d’assurer une communication permanente entre les municipalités et les communautés rurales, aussi bien pendant l’hivernage qu’après.
Il a indiqué que, sur les 34 communes ciblées, 17 ont déjà bénéficié de financements de la Banque mondiale pour la réalisation de projets. Le présent crédit sera donc destiné aux 17 autres communes.
Le ministre des Affaires économiques a ensuite présenté le Programme de développement de la wilaya de Dakhlet Nouadhibou pour la période 2026-2029. Il a annoncé que ce programme est doté d’une enveloppe de 40 milliards d’ouguiyas (MRU) et s’articule autour de huit composantes.
La première composante concerne l’éducation, avec un montant estimé à environ 2,5 milliards d’ouguiyas (MRU). Elle consiste à développer l’enseignement préscolaire et à répondre aux besoins spécifiques à travers la construction de jardins d’enfants et la création d’un centre spécialisé pour les enfants à besoins spécifiques. Selon le ministre, l’enseignement fondamental et secondaire sera renforcé par la construction et la réhabilitation de collèges dans les zones rurales des moughataas ciblées. Il a ajouté que l’enseignement supérieur bénéficiera également de la construction d’un campus universitaire à Nouadhibou afin d’améliorer l’accès à l’enseignement supérieur et de soutenir la formation des compétences nécessaires au développement local.
La deuxième composante concerne la santé, avec une enveloppe d’environ 230 millions d’ouguiyas (MRU). Elle vise à renforcer durablement le système de santé, notamment à travers la réhabilitation et l’équipement du centre hospitalier de Nouadhibou avec l’appui de la Fondation SNIM, ainsi que l’équipement des structures sanitaires et le développement des soins spécialisés, en particulier dans le domaine de la transfusion sanguine et des services d’urgence. Elle comprend également l’acquisition d’ambulances médicalisées et l’amélioration du système de référence.
La troisième composante porte sur l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Environ 5 milliards d’ouguiyas (MRU) y sont consacrés. Selon le ministre, elle répond aux besoins croissants en eau potable de Nouadhibou. Elle comprend le renforcement de l’approvisionnement en eau à partir de la nappe de Boulenouar, l’extension des réseaux de distribution, la réhabilitation de deux unités de traitement des eaux, la construction d’une nouvelle station de traitement d’une capacité de 50 000 m³ par jour ainsi que la réalisation d’une étude de faisabilité pour la mise en place d’un réseau d’assainissement de la ville.
La quatrième composante concerne l’accès à l’électricité, avec un budget d’environ 600 millions d’ouguiyas (MRU). Elle prévoit la construction d’un poste électrique 90/15 kV, la réalisation d’une nouvelle station de distribution, le renforcement des lignes de moyenne tension, la modernisation des réseaux de transport et de distribution, le remplacement des transformateurs surchargés ainsi que l’extension et la modernisation du réseau d’éclairage public.
La cinquième composante est consacrée aux routes et aux transports, avec un budget d’environ 3 milliards d’ouguiyas (MRU). Elle comprend la réhabilitation de 70 kilomètres de la route Nouakchott-Nouadhibou, l’entretien du tronçon N3 sur 120 kilomètres, financé par le Fonds arabe pour le développement économique et social, le déploiement d’un service moderne de transport urbain composé de 20 autobus répartis sur trois lignes totalisant environ 130 kilomètres, la réhabilitation du bloc administratif de l’aéroport de Nouadhibou, la construction de la route Nouadhibou-Nouamghar, la réalisation d’une étude pour une autoroute Nouadhibou-Nouakchott-Rosso ainsi que la réhabilitation des routes urbaines.
La sixième composante est consacrée aux infrastructures de soutien aux secteurs productifs, avec un budget de 25 milliards d’ouguiyas (MRU). Elle comprend la réalisation d’un port en eau profonde à Nouadhibou, destiné à accueillir des navires de grande capacité afin de mettre progressivement fin aux opérations de chargement et de déchargement en mer et de renforcer la compétitivité des secteurs de la pêche, des mines, de l’industrie et des services logistiques. Elle prévoit également la construction d’une station de traitement des eaux usées du secteur de la pêche, d’une capacité de 21 630 m³ par jour.
La septième composante porte sur la modernisation urbaine et l’amélioration du cadre de vie, avec un montant estimé à 3 milliards d’ouguiyas (MRU). Elle prévoit l’élaboration d’un schéma directeur d’aménagement urbain de Nouadhibou, d’un plan d’urbanisme pour Boulenouar, des études d’aménagement pour d’autres zones, la réhabilitation du grand boulevard de Nouadhibou, l’aménagement d’un nouveau front de mer, d’espaces dédiés aux sports nautiques ainsi que la création de dix places publiques et d’espaces verts.
Elle prévoit également la modernisation de la filière viande par la réhabilitation de l’abattoir de Lareiguib, la modernisation du marché du quatrième robinet, l’équipement des petites boucheries, l’amélioration de la chaîne de transport et de commercialisation ainsi que la construction d’un centre de gestion des déchets à Nouadhibou.
Répondant à une question, le ministre a rappelé que ce programme est en préparation depuis sept mois. Il a assuré que toutes les forces vives ont été associées afin d’identifier les priorités. Il a précisé que les travaux sont supervisés par un comité ministériel présidé par le Premier ministre et que chaque ministère est chargé des projets relevant de son domaine de compétence. Le programme s’étalera sur trois ans.
La huitième et dernière composante concerne la jeunesse et les sports, avec un montant estimé à environ 200 millions d’ouguiyas (MRU). Elle vise à moderniser les infrastructures sportives, culturelles, sociales et éducatives, à élargir l’accès des jeunes aux activités et à renforcer la cohésion sociale. Elle comprend huit projets, dont la construction d’un complexe sportif et culturel à Nouadhibou, d’un complexe sportif à Chami, d’un terrain municipal à Boulenouar, d’une salle polyvalente de 600 places, l’aménagement de six terrains de proximité, la réalisation d’une maison des jeunes à Tarhil, d’un terrain à Madrid ainsi que d’une maison de la culture et d’un espace polyvalent à Nouadhibou.
Pour sa part, le ministre des Mines et de l’Industrie a présenté les principaux points de sa communication relative au financement du projet El Aouj. Il a indiqué que la société El Aouj Mining Company exploitera le minerai de fer et que la SNIM en détient 92 % du capital. Il a salué la politique d’ouverture, la diplomatie active ainsi que les politiques économiques et sécuritaires conduites sous l’impulsion du Président de la République, qui permettent aujourd’hui d’attirer des investisseurs de premier plan.
Il a rappelé que ce projet était en gestation depuis plus de vingt ans, précisant qu’une licence d’exploration est différente d’une licence d’exploitation, cette dernière nécessitant des financements considérables. Concernant El Aouj, l’investissement dépasse 2 milliards de dollars américains, avec une production de 5,5 millions de tonnes par an dans une première phase durant 40 ans. La seconde phase permettra également de produire plus de 5 millions de tonnes par an. Selon lui, ce projet permettra de doubler la production nationale de minerai de fer en sept à huit ans.
Il a indiqué espérer que la production commencera d’ici à la fin de l’année 2027 ou, au plus tard, au début de 2028. Le projet devrait générer 1 200 emplois directs et environ 300 emplois indirects.
Répondant à une question, le ministre a annoncé que des missions de la police environnementale seront prochainement déployées dans les zones d’exploitation industrielle afin d’évaluer l’état des sols et des paysages et d’établir des rapports sur la base desquels le ministère prendra les mesures prévues dans les cahiers des charges.
Pour sa part, le porte-parole du Gouvernement a souligné que la Mauritanie ne connaît pas de difficultés d’approvisionnement et qu’elle met en œuvre des projets de grande envergure mobilisant des ressources financières proches du budget de l’État. Selon lui, cela traduit la volonté des autorités, sous la conduite du Président de la République, d’accélérer le développement économique et social.
Il est également revenu sur le projet de décret fixant les modalités de gestion du Fonds d’accès universel aux services. Il a expliqué que ce texte vise à renforcer la transparence, la traçabilité et la discipline budgétaire dans la gestion du Fonds, à préciser les modalités de répartition de ses ressources entre les différents secteurs et à clarifier ses sources de financement.
Le décret prévoit également la centralisation des ressources au Trésor public à travers un compte principal et définit les modalités de répartition des ressources selon les secteurs concernés. Selon le ministre, cette réforme garantit une meilleure traçabilité des financements et leur articulation avec les politiques sectorielles de l’État.
Répondant à plusieurs questions, le porte-parole du Gouvernement est revenu sur la conférence de presse du Président de la République, qu’il a qualifiée d’événement inédit par son format. Il a rappelé que plus de cent journalistes y avaient participé et que sa diffusion s’était faite en direct. Il a souligné que le Président avait répondu avec précision à l’ensemble des questions, illustrant ainsi les valeurs de transparence, d’ouverture et de dialogue qui caractérisent son action.
Évoquant les infrastructures, il a indiqué que la construction du Centre international des conférences avait coûté 14 milliards d’ouguiyas au budget de l’État. Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, 560 milliards d’ouguiyas ont été mobilisés pour financer des projets structurants, ce qui, selon lui, a été rendu possible grâce à une gestion rigoureuse des finances publiques.
Le porte-parole est enfin revenu sur son récent déplacement dans le Tagant, où a été lancée la deuxième édition du tourisme intérieur. Il a rappelé que cette initiative a permis la découverte de sites historiques, de hauts lieux touristiques et du patrimoine immatériel national, avant d’évoquer le lancement des Semaines nationales des arts et de la culture.