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Ministre de l’Énergie et du Pétrole : Les études stratégiques ont permis de définir une vision intégrée du secteur énergétique en Mauritanie

L’Assemblée nationale a tenu, jeudi matin, une séance plénière présidée par le député Ahmedou Ould Mohamed Mahfoudh M’balla, vice-président de l’institution, consacrée à deux questions orales avec débat adressées au ministre de l’Énergie et du Pétrole, M. Mohamed Ould Khaled, par les députés El Mourtada Ould Tfeil et Mouna Mint Dey, sur la situation des hydrocarbures en Mauritanie.

Dans sa question, le député El Mourtada Ould Tfeil a demandé des précisions sur la part revenant à la Mauritanie dans le projet gazier commun avec le Sénégal, après l’annonce du démarrage de la production, ainsi que sur les mesures prises par le département pour garantir que cette richesse profite à l’économie nationale et aux citoyens.

Pour sa part, la députée Mouna Mint Dey s’est interrogée sur la hausse des prix des carburants, estimant que les augmentations enregistrées étaient importantes, et a demandé quelles en étaient les répercussions sur les citoyens ainsi que les mesures adoptées par le gouvernement pour en atténuer les effets.

Répondant à la première question, le ministre de l’Énergie et du Pétrole a rappelé que, conformément au cadre juridique et législatif régissant les hydrocarbures, les ressources pétrolières constituent une richesse nationale administrée par l’État dans un souci d’efficacité, d’équité, de transparence et de redevabilité. Il a souligné que les citoyens ont le droit d’être informés sur la perception et l’utilisation des revenus issus de ces ressources.

Le ministre a expliqué que le champ gazier GTA a été développé dans le cadre d’un accord international entre la Mauritanie et le Sénégal, en raison de l’extension du gisement de part et d’autre de la frontière maritime des deux pays. Il a précisé que le choix d’une exploitation conjointe s’inspire d’expériences internationales similaires, notamment celle du champ de Frigg, situé en mer du Nord entre le Royaume-Uni et la Norvège.

Il a ajouté que cette coopération traduit la solidité des relations fraternelles entre les deux pays et qu’elle est encadrée par l’accord signé à Nouakchott le 9 février 2018, ratifié par le Parlement en vertu de la loi n° 19-2019, qui prévoit un partage à parts égales des coûts et des bénéfices, soit 50 % pour chaque partie.

Le ministre a ensuite détaillé les recettes perçues par la Mauritanie dans le cadre du projet GTA, indiquant qu’elles se répartissent en deux catégories : les revenus issus de l’application de la convention fiscale entre la Mauritanie et le Sénégal, et ceux provenant du contrat d’exploration et de production relatif au bloc C8.

S’agissant des mesures destinées à garantir les retombées économiques de cette ressource, il a affirmé que la Mauritanie entend tirer parti de sa position géographique et de son important potentiel en ressources renouvelables et extractives afin de jouer un rôle central dans les mutations mondiales du secteur de l’énergie.

Il a indiqué que le gouvernement a réalisé, entre 2019 et 2023, plusieurs études stratégiques et schémas directeurs ayant permis de définir une vision globale du secteur énergétique, visant à faire de la Mauritanie un pôle régional de l’énergie propre et à renforcer les perspectives de production d’acier vert.

Le ministre a souligné que la vision stratégique du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, repose sur la réalisation de la souveraineté énergétique grâce à une exploitation optimale des ressources nationales, à la réduction de la dépendance vis-à-vis des importations et à la maximisation des retombées des secteurs pétrolier et gazier au profit de l’économie nationale et des citoyens.

Répondant à la question de la députée Mouna Mint Dey, le ministre a estimé que les accusations selon lesquelles le gouvernement aurait exagéré ou lésé les citoyens ne correspondent ni aux chiffres ni aux faits constatés sur le terrain. Il a affirmé que l’Exécutif a fait preuve d’un haut niveau de responsabilité pour protéger les citoyens d’une crise financière et économique qui aurait pu résulter de la forte volatilité des marchés internationaux de l’énergie.

Il a présenté aux députés les principales données relatives à l’évolution des marchés national et international des hydrocarbures, ainsi que les mesures prises par l’État pour atténuer les conséquences de cette conjoncture.

Le ministre a rappelé que le gouvernement a adopté des mesures de soutien en faveur des catégories les plus vulnérables, conformément aux orientations du Président de la République, qui a demandé de renforcer leur résilience face à la hausse des prix des carburants. Il a ajouté que Son Excellence a également chargé le gouvernement, dans une initiative sans précédent, d’apporter un appui direct aux ménages afin d’alléger les effets de cette situation internationale exceptionnelle.

Il a enfin indiqué que le gouvernement poursuit ses efforts pour faire face aux conséquences de la hausse des prix des hydrocarbures, précisant que le prix de la tonne de diesel atteint aujourd’hui 1 250 dollars, contre 720 dollars avant le déclenchement de la guerre, soit une augmentation de 74 %.

Le ministre a conclu en affirmant que le département de l’Énergie poursuit la mise en œuvre de ses programmes conformément aux orientations du Président de la République et au suivi permanent qu’il assure des projets, afin de renforcer la souveraineté énergétique du pays à travers la valorisation du potentiel considérable de la Mauritanie en matière de gaz et d’énergies renouvelables, ainsi que le développement des infrastructures énergétiques.

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