Lancement de l’atelier de validation du rapport d’alignement du plan d’action national de lutte contre la désertification
Le secrétaire général du ministère délégué auprès du Premier ministre, chargé de l’environnement et du développement durable, M. Mohamed Yeslem Ould Mohamed Lemine a estimé que la Mauritanie est l’un des pays du Sahel les plus affectés par les conséquences de la sécheresse et de la désertification et qu’est également confrontée au défi que constitue l’environnement précaire dans ces Etats avec une dégradation des ressources naturelles.
Le secrétaire général parlait à l’occasion d’un discours prononcé lundi à Nouakchott à la cérémonie de lancement de l’atelier de validation du rapport d’alignement, organisé par la direction de la protection de l’environnement en collaboration avec le Fonds Mondial de l’Environnement (FME), le PNUD, le PNUE et la coopération allemande relatif au plan d’action national de lutte contre la désertification 2012-2016.
” Les réserves forestières du pays sont évaluées à 4.387.000 ha selon le rapport de 2001 de la FAO et la production du bois est de 565.000 mètres cubes alors que la consommation annuelle est de 1,8 millions de mètres cubes, soit trois fois plus mue le potentiel naturel sylvestre”, a-t-il ajouté.
Il a souligné également que la demande moyenne annuelle en charbon et en bois est respectivement de 38,9 kg et de 190 kg par habitant”, ce qui a entraîné la disparition annuelle de 4.000 ha du couvert végétal”, a-t-il dit.
De son côté, le porte-parole des partenaires techniques et financiers à l’agence allemande de coopération, M. Vincent a souligné la nécessité de la conjugaison des efforts pour une meilleure protection de l’environnement mauritanien qu’il a qualifié de fragile.
” Les partenaires sont déterminés à accompagner les efforts de la Mauritanie dans ce domaine visant à faire face à ce phénomène et à adopter une approche participative impliquant les populations locales dans l’exécution des programmes et projets afférents”, a-t-il souligné.
Le directeur de la protection de la nature, M. Baba Diop a indiqué, dans une déclaration à l’AMI que la Mauritanie a ratifié la convention des nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) en 1994, précisant que le plan d’action national de lutte contre la désertification est l’instrument de mise en oeuvre de cet accord onusien concrétisé à travers le développement de programmes d’action dans le cadre d’une approche participative faisant des communautés rurales sa priorité.
Il a en outre noté que la Mauritanie est un pays appartenant à la sous région sahélo-saharienne d’où l’exposition de 70% de son territoire à la désertification, appelant à la conjugaison des efforts pour faire face à ce phénomène et pour réduire les impacts négatifs de la sécheresse.
Il a évoqué également les mesures prises, ces dernières années, dans ce domaine, portant sur la création d’une ceinture verte pour la ville de Nouakchott, ayant donné des résultats encourageants en matière de fixation mécanique et biologique des dunes pour limiter l’avancée de ces dernières vers la ville, soulignant aussi l’émergence d’une prise de conscience des citoyens quant à la nécessité de protéger l’environnement et la nature.
Il a évoqué aussi les efforts déployés dans le domaine de la protection des pâturages naturels contre les feux de brousse, soulignant que “cette année, plus de 11.000 km de pâturages ont été protégés dans les wilayas pastorales des deux Hodhs, de l’Assaba, du Gorgol, du Guidimakha, du Brakna et du Trarza grâce aux ressources financières propres de l’Etat.
Le directeur de la protection de la nature a exprimé enfin sa satisfaction pour le recul constaté dans les feux de brousse ainsi que l’éveil environnement grandissant perceptible chez les populations locales.
L’atelier, d’une durée de deux jours, vise à concevoir une politique environnementale dynamique en matière de lutte contre la désertification ainsi qu’à insérer toutes ses dimensions dans la stratégie nationale de protection de l’environnement.