Ministre de la Santé : “Le secteur a connu un bond qualitatif en matière d’infrastructures, de ressources humaines et de services spécialisés”
Nouakchott
Le ministre de la Santé, M. Thiam Tijani, a indiqué que le secteur de la santé occupe une place prépondérante parmi les priorités de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Il a souligné que cette attention particulière s’est traduite concrètement par le doublement du budget du secteur de la santé, permettant ainsi le lancement et la mise en œuvre de nombreux programmes et projets visant à développer le système national de santé et à améliorer la qualité des services offerts aux citoyens.
Cette déclaration a été faite lors de son intervention dans l’émission « Redevabilité », diffusée samedi soir par les médias publics, à savoir l’Agence mauritanienne d’information, Radio Mauritanie et Al-Mauritaniya TV, sous le titre « Réalité et perspectives du secteur de la santé ».
Le ministre a expliqué que l’augmentation significative des ressources financières du secteur a permis de réaliser plusieurs progrès qualitatifs, notamment l’expansion des infrastructures de santé, le renforcement des ressources humaines et le développement de services médicaux spécialisés.
Il a ajouté que le nombre de professionnels de santé dans le secteur a augmenté de plus de 27 % ces dernières années, parallèlement à la mise en œuvre de programmes de formation et de perfectionnement continus qui ont contribué à rehausser les niveaux de performance et à améliorer la qualité des services de santé.
Il a souligné que le système national de santé a également a effectué des opérations chirurgicales et des interventions médicales de pointe, dont certaines ont été réalisées pour la première fois en Mauritanie, voire dans la sous-région. Ceci témoigne du développement de l’expertise médicale nationale et du niveau des équipements de santé.
En matière de protection sociale et de couverture santé, le ministre a affirmé que l’État a accompli des progrès significatifs vers la couverture sanitaire universelle. 150 000 familles, soit environ 900 000 citoyens, ont bénéficié de services d’assurance maladie, ainsi que 50 000 étudiants et des bénéficiaires du Fonds national de solidarité pour la santé (CNASS), dans le cadre d’une politique visant à garantir un accès équitable aux soins.
Il a ajouté que la création du Fonds national de solidarité pour la santé (CNASS) a permis aux personnes non assurées de bénéficier de services de santé en échange de contributions symboliques, majoritairement prises en charge par l’État. Ceci garantit l’élargissement de la protection sanitaire et la promotion de la justice sociale.
Concernant les infrastructures, le ministre a expliqué que le secteur connaît un développement rapide en matière de construction et de modernisation des établissements de santé, afin de rapprocher les services des citoyens et de désengorger les hôpitaux centraux.
Dans ce contexte, il a indiqué que le projet de l’hôpital d’Aleg est entré dans sa phase de réalisation après avoir surmonté les obstacles qui avaient entraîné son retard. Il a également révélé les directives de Son Excellence le Président de la République relatives à la création d’un centre national spécialisé dans le traitement du cancer. Ce centre renforcera la capacité du pays à prendre en charge ce type de maladie sur son territoire et épargnera aux patients le fardeau et les coûts d’un traitement à l’étranger.
A propos des ressources humaines, le ministre a expliqué que le secteur poursuit la mise en œuvre d’une politique visant à renforcer l’expertise médicale et paramédicale et à la répandre plus efficacement.
Il a précisé que le secteur emploie environ 11 000 agents du secteur public, dont 649 médecins spécialistes, 689 médecins généralistes, 120 dentistes, 93 pharmaciens, 4 984 infirmiers et sage-femmes, 772 techniciens, 134 biologistes et 28 ingénieurs biomédicaux.
Il a souligné que le récent processus de recrutement s’est déroulé dans le respect des normes de transparence et d’égalité des chances, conformément aux directives gouvernementales visant à consolider les principes de justice et d’égalité.
Il a annoncé l’élaboration d’un nouveau projet de loi visant à réglementer le fonctionnement des établissements de santé, à la suite de larges consultations menées auprès des différentes parties prenantes. La loi vise à améliorer la gouvernance, à développer la gestion des ressources humaines, à renforcer les mécanismes de fourniture et d’entretien du matériel et des fournitures médicales, et à remédier aux lacunes susceptibles d’affecter la qualité des services.
Dans le même esprit, il a indiqué qu’un inventaire exhaustif des employés du secteur est en cours afin de vérifier leur présence au travail, d’améliorer la transparence des affectations administratives et de prendre les mesures nécessaires à l’encontre des personnes absentes sans justification légale.
Dans le contexte de la modernisation de l’administration des soins de santé, le ministre a souligné que la transformation numérique est devenue un choix stratégique pour améliorer la performance et renforcer la transparence. Il a expliqué que la numérisation des services de santé commence à porter ses fruits en améliorant la gestion et en rationalisant les données médicales et administratives.
Il a noté que la numérisation de la CNAM et du CNASS a contribué à la célérité des services et à l’amélioration de leur qualité.
Concernant la santé maternelle et infantile, le ministre a déclaré que les taux de mortalité maternelle et infantile demeurent un défi qui exige des efforts supplémentaires. Il a expliqué que parmi les causes les plus importantes figurent l’insuffisance des soins prénataux, les retards dans la consultation médicale et les problèmes liés aux pénuries de sang. Il a exhorté les citoyens à donner leur sang, soulignant son rôle crucial pour sauver des vies.
Concernant le secteur pharmaceutique, le ministre a affirmé qu’un nouveau cadre juridique et réglementaire a été mis en place pour encadrer le marché. Ce cadre repose sur l’enregistrement obligatoire des médicaments et le suivi de leur entrée sur le territoire mauritanien via les points d’entrée officiels : le port de Nouakchott et l’aéroport international de Nouakchott (Oumtounsy).
Il a ajouté que les prix des médicaments sont désormais fixés officiellement et a invité les citoyens à signaler toute infraction ou irrégularité dans ce domaine.
Il a également annoncé que la plateforme numérique de suivi des médicaments et de contrôle de leurs prix sera opérationnelle dans les deux prochains mois, renforçant ainsi la transparence et les mécanismes de surveillance du marché pharmaceutique. Il a précisé que la Mauritanie compte 44 fournisseurs de produits pharmaceutiques agréés.
Lors de son échange avec les citoyens, le ministre a affirmé que toutes les équipes médicales sont mobilisées pour servir la population dans toutes les wilayas du pays, œuvrant à améliorer l’accès aux soins et leur qualité, conformément aux directives de Son Excellence le Président de la République visant à rehausser le niveau des soins et à faciliter l’accès de tous les citoyens à ces services.
Il a ajouté que les programmes destinés aux urgences, aux femmes enceintes et aux patients souffrant d’insuffisance rénale bénéficieront d’un soutien et d’un développement accrus dans la phase à venir.
