Ministre de la Transition numérique : Le processus de recrutements des 3000 fonctionnaires et agents de l’Etat sera complètement digitalisé
Des membres du gouvernement, ont commenté mercredi soir, les résultats du conseil des ministres qui s’est déroulé plus tôt dans la matinée. Il s’agit des ministres de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Houssein Ould Meddou, de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service Civique, M. Mohamed Abdallahi Ould Louly, de la Fonction publique et du Travail, Mme Marieme Mint Boydiel Houmeid, de la Transition numérique et de la modernisation de l’administration, M. Ahmed Salem Bede Etvagha.
Dans son mot introductif, le porte-parole du gouvernement a indiqué que le conseil a examiné et approuvé plusieurs projets de décrets et des communications, dont ceux relatifs aux bureaux privés de placement de Mauritaniens à l’étranger, la délégation de signature des ordonnateurs principaux ainsi que leurs suppléants au sein des fonctionnaires et agents de l’Etat, le régime commun des concours administratifs et examens professionnels ainsi que l’état d’avancement des préparatifs de recrutement de 3000 fonctionnaires et agents de l’Etat. Il a ensuite invité ses homologues ministres, chacun en ce qui le concerne, à apporter davantage de précisions.
C’est ainsi que le ministre de l’Autonomisation des Jeunes a déclaré que le projet de décret qu’il a présenté, vise à encadrer l’exercice de l’activité d’intermédiaire, actif dans le placement de Mauritaniens à l’étranger. Le ministre a indiqué ce texte permettra de mettre en place un système d’agrément préalable d’une part et la protection des droits du travailleur, notamment en ce qui concerne la perception d’éventuels frais auprès des travailleurs.
Durant son mot, le ministre a estimé que la professionnalisation des bureaux de placement est une nécessité. D’après lui, les mesures introduites vont garantir plus de transparence, surtout avec l’introduction des licences. L’objectif affiché, c’est que permettre aux Mauritaniens d’accéder aux opportunités de travail à l’étranger, en protégeant leurs intérêts. Ensuite, les autorités font d’une pierre deux en collectant et analysant les données liées à la mobilité professionnelle des Mauritaniens au niveau international.
Interpellé sur la situation du stade de Kiffa, le ministre a précisé que l’infrastructure relève de son ministère. Il a ensuite indiqué qu’avant sa mise en service effectif, il fallait que le système d’assainissement soit complétement achevé. Il a signalé que ce sera bientôt le cas.
Toujours concernant la ville de Kiffa, le ministre a souligné qu’elle va accueillir une salle omnisports couverte. Ce sera une première.
A son tour, la ministre de la Fonction publique a souligné avoir présenté une communication relative à l’état d’avancement du processus de recrutement de 3000 fonctionnaires et agents de l’Etat. En effet, à l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance nationale, le Président de la République a annoncé, le recrutement de 3000 personnes.
La ministre a indiqué que le processus, prévoit la numérisation des examens, via la plateforme de la commission nationale des concours. C’est d’ailleurs dans ce cadre, qu’elle a introduit un projet de décret, autorisant l’organisation des concours avec l’usage du numérique. Ceci permettra de recevoir les candidatures à distance, vérifier l’identité des candidats, corriger les copies. L’introduction du dispositif, vise aussi à réduire les délais et renforcer la transparence.
Toujours au cours de sa prise de parole, la ministre a présenté les grandes lignes d’un autre projet de décret, qui abroge et remplace certaines dispositions du décret relatif au statut particulier des corps interministériels de l’Etat. Il vise à mettre en phase, le niveau de formation et la classification professionnelle.
De ce fait, Un corps de techniciens en informatique verra donc le jour, a affirmé la ministre. Ceux qui le forment, seront recrutés avec un niveau correspondant à la licence en informatique.
D’après elle, ils seront intégrés à la catégorie A-courte. Il a été signalé qu’avant l’introduction de cette modification, ces personnes ne pouvaient participer aux concours qu’avec leur baccalauréat.
De son côté, le ministre de la Transition numérique est revenu plus en détails, sur le dispositif technique, qui va encadrer le concours devant permettre le recrutement des 3000 fonctionnaires et agents de l’Etat, évoqué plus haut. Il a d’emblée salué la révision du cadre légal, qui autorise l’introduction des nouvelles techniques dans la préparation, organisation et supervision des concours.
Il a signalé qu’un comité interministériel supervise le processus, avec le support de commissions techniques. Ces dernières avaient pour mission d’identifier les solutions techniques adéquates pour gérer de bout en bout le concours. Il ressort de ces travaux, que tout sera digitalisé et que l’intelligence artificielle sera utilisée.
D’abord les candidats peuvent accéder au concours via les applications Khidmaty ou Houwiyeti. Pour ceux qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas utiliser un téléphone, un lien sera mis à leur disposition. Le ministre a déclaré que le dépôt des dossiers se fera entièrement à distance et que c’est une intelligence artificielle qui se chargera de leur traitement. Il est ici question de la vérification de la conformité des éléments fournis aux prérequis.
Le ministre a souligné que les outils qui seront utilisées ont déjà été testées par le passé, estimant que les résultats sont satisfaisants. Le jour-j, les candidats au concours seront reçus par vagues, de sorte que tout se passe de façon fluide, a dit le ministre. Ils auront à disposition des tablettes, configurées pour accéder seulement au questionnaire au choix multiple. Les questions et réponses sont générées par l’intelligence artificielle le même jour. Il a précisé que l’ordre des questions et des réponses sera aléatoire pour chaque tablette. Le but visé ici, c’est d’empêcher toute velléité de triche.
Pour ce qui est des résultats, le ministre a indiqué que chaque candidat aura une notification à chaque étape du processus. Après l’examen, les résultats seront disponibles automatiquement. La correction est effectuée par l’intelligence artificielle. De plus, il a déclaré que chaque candidat aura le droit de faire un recours s’il estime avoir été lésé.
Par ailleurs, le ministre a annoncé qu’un plan B est prévu, dans le cas où une situation se présente, rendant une tablette inutilisable. Les copies en papiers seront fournis pour répondre aux QCM. A la fin, elles seront scannées et introduites dans le système pour correction. Pour lui, tout est fait, pour qu’il y ait le moins d’intervention humaine possible, au nom de la transparence.
Interpellé sur la question de la qualité des services fournis par les sociétés de télécoms en Mauritanie, le ministre a souligné qu’il y a encore du travail, certes, mais que des bonds significatifs ont été enregistrés ces six dernières années. Selon lui, la couverture de la téléphonie, dans le vaste territoire national, a augmenté de 28% tandis que le réseau permettant d’accéder à internet a augmenté de 256%.
Le ministre a aussi signalé que près de 5 millions de consommateurs sont répertoriés en Mauritanie, dont 80% consomment au moins 11 gigas d’internet par mois. Il a dans la fouée annoncé le lancement d’un appel, pour la délivrance de licence en vue de l’introduction de la 5e génération.
Reprenant la parole, le porte-parole du gouvernement a présenté les points saillants du projet de décret modifiant certaines dispositions du décret précisant les fonctionnaires et agents de l’Etat habilités à recevoir les délégations de signature des ordonnateurs principaux et leur suppléance.
Il a rappelé que la Mauritanie a adopté pour la première fois un budget-programme, cette année. Il vise entre autres à mieux gérer les ressources mais aussi à responsabiliser les gestionnaires. Jadis, l’ordonnancement reposait sur le secrétaire général de chaque ministère. Désormais, le responsable de chaque programme doit aussi assumer la gestion des fonds. Selon le porte-parole, c’est un palier en plus que la Mauritanie a franchi, dans sa gestion des finances publiques et la consécration de la gestion axée sur les résultats.
Le porte-parole du gouvernement a également indiqué que les travaux prévus dans le cadre du programme d’urgence de développement de Nouakchott se poursuivent, réitérant la déclaration du Premier ministre, à l’occasion de la présentation du bilan annuel du gouvernement. Selon lui, les résultats sont visibles à tous les niveaux. Les écoles sont construites et les points de santé ont été érigés en centres, a-t-il dit. Pour lui, il suffit d’aller sur place pour s’en rendre compte. Il a rappelé que ce programme a pour objectif de renforcer le niveau d’accès des citoyens, aux services publiques.
Enfin, le porte-parole du gouvernement a répondu une question concernant le Sahara occidental. La position de la Mauritanie, est restée intacte, notant qu’elle consiste à soutenir un processus devant aboutir à un accord qui satisfasse les deux parties. La Mauritanie ne ménagera aucun effort pour qu’une issue heureuse soit trouvée. Il a souligné que la situation actuelle impacte toute la région et a des implications humanitaires, sociales, économiques et politiques, entre autres.