L'AMI

Echange de critiques entre la fédération nationale pour la commercialisation du Bétail et l’Union des professionnels des viandes rouge et blanche et de la promotion animale

L’Union des professionnels des viandes rouges et blanches et de la promotion animale d’une part, et la Fédération Nationale pour le développement et la commercialisation du bétail ont échangé les critiques ce jeudi matin devant les locaux du ministère du développement rural où les seconds organisaient un "sit-in" de protestation.

Les critiques portaient sur les impôts que prélevaient la première (Union des Professionnels sur le bétail destiné à l’abattage à Nouakchott, au Trarza et au Brakna aux termes d’une convention signée par l’Union avec les ministères des affaires économiques et du développement et du développement rural en 2002 et aux termes de laquelle l’Etat délègue à l’Union ses prérogatives de prélever un impôt sur les animaux destinés à l’abattage dans ces 3 wilaya.

Conformément à cette convention, l’Union s’engage à contrôler l’abattage et le comptage des animaux destinés à la consommation et à adresser des rapports techniques au gouvernement sur la situation du secteur des viandes en contrepartie d’un prélèvement d’une taxe de 20 UM sur les camelins et bovins et de 5 UM sur les ovins et caprins.

Le président de l’Union, M. Moulaye Idriss Ould Zeini a déclaré à l’AMI en marge du "sit in" organisé par la Fédération Nationale pour le Développement et la Commercialisation du bétail que la convention signée par son organisation avec le gouvernement "fixe les frais symboliques prélevés sur ces animaux".

Il a affirmé que son organisation ne représente pas les professionnels du secteur mais qu’elle est seulement liée à l’Etat aux termes d’une convention de délégation depuis 2002, relevant qu’elle veille sur la situation du consommateur qu’elle suit de près et que les taxes prélevées sur les animaux ne constituent pas une charge sur son dos.

Et de noter l’existence de "groupes d’intermédiaires ("samassira") qui cherchent à dénaturer les faits pour avoir de la place dans ce secteur" à travers l’organisation de "sit in" et de regroupement devant les ministères.

M. Moulaye Idriss Ould Hasni s’est étonné de "la manière avec laquelle les autorités se comportent avec ce genre de personnes et d’organisations" qui ne détiennent aucune délégation leur permettant d’exercer une quelconque activité.

M. Ould Zeini ajoute que l’Union intervient au niveau de trois wilaya qui sont le Brakna, le Trarza et Nouakchott rappelant les concertations que son organisation mène depuis plus de 20 jours avec le ministère du développement rural et ce qu’il a qualifié d’être "l’engagement de ce dernier à annuler une décision antérieure suspendant la convention sus-mentionnée pour permettre à l’organisation de poursuivre ses activités visées par la convention".

Quant au représentant de la fédération nationale pour le développement et la commercialisation du bétail, M. Hamadi Ould Chenane, il a mis en exergue la décision du ministère du développement rural d’arrêter les prélèvements imposés par l’Union soulignant que cette initiative a mis un terme à l’injustice que subissaient les adhérents de sa fédération.

Il a demandé "le suivi de l’exécution de la décision portant suspension de la convention précitée afin d’éviter que ne se répète cet abus des prérogatives de l’Etat et l’envoi des circulaires à ce sujet à toutes les wilaya spécifiant le nouveau rôle de la fédération nationale pour le développement et la commercialisation du bétail afin de l’aider à mieux assumer sa mission".

M. Hamadi Ould Chenane a indiqué que le document requis a été élaboré mais n’a pas encore été mis en application par la direction de l’élevage. Dans son commentaire sur la question, le Dr. Fall Moktar, directeur de l’élevage a dit que cette affaire a été tranchée depuis longtemps par le ministère et remonte à une convention signée en 2002.

Aux termes de cette convention, l’Union, en contrepartie des prélèvements qu’elle opère, doit appuyer les délégations régionales au niveau des wilayas de Nouakchott, du Trarza et du Brakna en matière de voitures et d’équipements d’élevage.

Le Dr. Fall Moktar a précisé qu’après étude de la question une proposition a été faite laissant aux services relevant du ministère du développement rural le soin de suivre cette affaire, étant la seule partie compétente à prélever des taxes sur les animaux destinés à l’abattage.

Le directeur de l’élevage a souligné que l’Union des professionnels n’a pas respecté les dispositions de la convention et que la direction, en conséquence, n’accepte plus ce genre de comportements notant qu’il faudrait appuyer d’une autre manière cette organisation à travers une subvention de l’ordre de 19 millions d’ouguiya contre l’ancien appui au demeurant exagéré de 91 millions d’UM.

Il a précisé que le ministère a adressé des circulaires aux walis pour les informer des derniers développements de ce dossier et leur demander d’appliquer les dispositions de l’initiative du ministre du développement rural mettant fin au prélèvement de la taxe objet du litige.

Il convient de rappeler que la fédération nationale pour le développement et la commercialisation du bétail a été créée en 2006 et porte le numéro de récépissé 58/06 en date du 10 juillet 2006.

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