L'AMI

Adoption de plans et de projets visant à professionnaliser les organismes de la société civile

Nouakchott

Les sessions de formation lancées mardi dernier à Nouakchott par le Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile se poursuivent mercredi, dans le but de renforcer le cadre organisationnel et administratif des organismes de la société civile en les informant sur les méthodes d’élaboration des projets, les techniques de gestion administrative et financière et celles de plaidoyer.

Ces formations s’inscrivent dans le cadre des plans et programmes mis en œuvre par le Commissariat pour améliorer les performances de ces associations et leur permettre de contribuer efficacement aux différents domaines du développement, que ce soit par l’élaboration et la mise en œuvre de projets, par la sensibilisation et la conscientisation, ou par le soutien et le plaidoyer.

Afin de mettre en évidence les réalisations accomplies dans le domaine associatif au cours des dernières années, l’Agence mauritanienne d’information a interviewé le directeur des relations avec la société civile au Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, M. Isselmou Ould Ali, qui a expliqué que le secteur de la société civile a connu au cours des six dernières années une transformation stratégique et un changement qualitatif qui se sont traduits par l’adoption de la loi n° 004/2021 et de ses décrets d’application, textes qui ont consolidé les libertés, après avoir supprimé le régime d’autorisation et adopté à sa place un régime de déclaration plus conforme aux sociétés démocratiques attachées aux principes de libertés et de droits.

Il a ajouté que cette loi a donné une définition plus claire et plus précise des associations, qui doivent désormais être composées d’au moins cinq personnes et couvrir un domaine fondamental, ce qui renforce le professionnalisme et la spécialisation, soulignant que cette loi répond aux exigences de transparence et d’efficacité.

Le directeur des relations avec les OSCs au Commissariat a déclaré que son organisme, dans le cadre de la mise en œuvre du programme de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, visant à renforcer les performances des organismes de la société civile et à les inciter à contribuer activement aux différents domaines du développement, a adopté une stratégie nationale de promotion des organisations de la société civile, la première du genre à être approuvée par le Conseil des ministres.

Il a indiqué que cette stratégie comprend un diagnostic complet de la situation des associations et une analyse approfondie des principaux défis, ainsi que des solutions pratiques pour surmonter les obstacles qui entravent l’amélioration des performances de ces associations.

M. Isselmou Ould Ali a précisé que la stratégie repose sur plusieurs axes fondamentaux, dont les plus importants sont l’amélioration de l’arsenal juridique et le renforcement de la participation effective des organisations non gouvernementales à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi des politiques et stratégies publiques, ce qui leur a permis d’être représentées dans de nombreuses commissions, notamment les commissions régionales de développement et de stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée.

Il a souligné que le Commissariat travaille actuellement à la création d’un réseau regroupant au moins vingt organisations chargées du suivi des politiques publiques, ce réseau étant spécialisé dans les finances publiques et les programmes budgétaires citoyens.

Le directeur des relations avec les OSCs a précisé que le Commissariat a accordé une attention particulière au développement du système d’information des organisations non gouvernementales et aux associations en créant la plateforme numérique « Fedam », qui permet aux organisations de déclarer leur création et à l’État de connaître le nombre réel d’organisations, leurs domaines d’intervention et leurs zones d’activité.

Il a souligné que ce système d’information, qui a permis de contrôler le domaine associatif, tant en déterminant le nombre d’organisations que leurs domaines d’intervention et leurs lieux d’implantation, a été renforcé par le lancement d’une autre plateforme numérique appelée « Fadaï », qui constitue un espace commun entre les organisations de la société civile, l’État et les partenaires au développement.

Le directeur des relations avec la société civile a déclaré que, dans le cadre de ses plans visant à renforcer les capacités professionnelles des organisations, le Commissariat a adopté un programme national de formation continue dans plusieurs domaines, notamment la gestion administrative et financière, la préparation de projets et le plaidoyer, soulignant que des centaines d’organisations ont bénéficié de ces formations sur l’ensemble du territoire national.

Il a ajouté que le renforcement de l’accès des organisations non gouvernementales aux sources de financement constitue un axe essentiel de la stratégie nationale de promotion de la société civile, précisant que le Commissariat s’est attelé, dans ce cadre, à la mise en place d’une base de données répertoriant tous les financements disponibles pour les organisations, qui a été publiée sur la plateforme «Fadaï».

M. Isselmou Ould Ali a indiqué que le Commissariat a œuvré, à travers cette stratégie, à renforcer la gouvernance interne des organisations en mettant en œuvre les exigences de transparence et de responsabilité, chaque organisation étant tenue d’ouvrir un compte bancaire en son nom et de présenter des rapports financiers annuels détaillés sur ses dépenses, étant donné que les financements qu’elle obtient proviennent de fonds publics et doivent être dépensés exclusivement dans le cadre de la mise en œuvre de son plan d’action.

Il a expliqué que la structuration des organisations non gouvernementales actives dans le domaine du développement constitue un axe essentiel de la stratégie, soulignant que le Commissariat a accompagné dans ce cadre la création de forums régionaux de la société civile en tant que cadres fédérateurs, permettant aux organisations de se concerter avec les pouvoirs publics et les partenaires au développement, et de coordonner entre elles, conformément aux dispositions de l’article 3 de la loi n° 004/2021.

M. Isselmou Ould Ali a rappelé les principales réalisations accomplies au cours du premier semestre de l’année en cours dans le domaine de la société civile, notamment le renforcement des capacités des organisations de la société civile à travers l’organisation de six ateliers de formation à l’intention de 150 organisations non gouvernementales sur la gestion administrative et financière des associations, la rédaction de projets et les techniques de plaidoyer, ainsi que la formation de 80 associations aux techniques d’enregistrement et de suivi sur la plateforme numérique FEDDAM, le financement de 100 initiatives organisées par des organisations de la société civile au service du développement, le soutien aux plateformes régionales de la société civile en prenant en charge les frais de location de leurs locaux, ainsi que l’organisation de sessions de formation et le financement d’initiatives en faveur des organismes de la société civile.

Le directeur des relations avec la société civile a conclu son intervention en soulignant que le Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile continue de soutenir l’organisation de campagnes de sensibilisation dans de nombreux domaines liés à l’action des organisations de la société civile, renforçant ainsi son rôle de partenaire essentiel dans le développement du pays.

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