La 53e session du Comité de la sécurité alimentaire mondiale de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a démarré lundi dans la capitale italienne, Rome, avec la participation d’une délégation de notre pays dirigée par la commissaire à la sécurité alimentaire, Mme Fatimetou Mint Khattry.
Dans son discours devant les participants à la présente session de la FAO, la Commissaire à la sécurité alimentaire a expliqué que notre pays, conscient du défi mondial que représente la sécurité alimentaire, en particulier dans le contexte international actuel caractérisé par des crises et des guerres internationales, a adopté une stratégie à plusieurs volets basée sur la prévention des crises alimentaires, le renforcement des capacités logistiques et opérationnelles, la mise en œuvre de programmes visant à renforcer la résilience des groupes vulnérables et le développement d’une vision à moyen et à long terme pour atteindre la souveraineté alimentaire.
Membre de la région sahélo-saharienne, la Mauritanie fait face à de nombreux défis liés à la sécheresse et aux crises alimentaires récurrentes. Dans ce contexte, le gouvernement a pris des mesures importantes pour renforcer la prévention et la gestion de ces crises. Notre pays a mis en place un mécanisme national de coordination et de gestion des crises alimentaires et nutritionnelles à travers le suivi des zones vulnérables, l’adoption de stratégies proactives et l’élaboration d’un plan national annuel de réponse aux crises alimentaires et nutritionnelles. Notre pays a également renforcé ses partenariats avec les organismes internationaux et les organisations non gouvernementales pour coordonner cette réponse et la rendre rapide et efficace pour faire face aux urgences alimentaires.
la Commissaire à la sécurité alimentaire a expliqué que, pour financer cette réponse, notre pays mis en place un Fonds national de réponse aux crises alimentaires et nutritionnelles, qui permet aux ressources financières mobilisées par l’État mauritanien et ses partenaires de financer des activités d’aide d’urgence et de soutenir les groupes vulnérables.
Les leçons tirées de la pandémie du COVID-19 et de la guerre russo-ukrainienne ont montré l’urgence de renforcer nos infrastructures logistiques pour assurer la disponibilité des denrées alimentaires, surtout en période de crise mondiale. Nous avons donc investi dans le renforcement des capacités de stockage, avec une orientation claire vers la création d’un stock national de sécurité alimentaire, qui permettrait de répondre aux besoins de la population de manière autonome en cas de perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales, a-t-elle expliqué, ajoutant que le gouvernement cherche à renforcer les capacités logistiques liées au transport des denrées alimentaires, en augmentant notre flotte et en modernisant les infrastructures de transport pour assurer la distribution des denrées alimentaires.
Elle a ajouté que le gouvernement adopte une approche juste pour renforcer la résilience des communautés, basée sur des actions concrètes visant à améliorer la sécurité alimentaire au niveau local, et à soutenir la résilience des communautés rurales en particulier en créant une économie rurale durable, et dans ce contexte nous coordonnons avec un groupe de partenaires internationaux. La récente visite d’une délégation diplomatique de haut niveau composée des ambassadeurs des sept pays basés à Rome et conduite par le directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial en Mauritanie, fin septembre, a permis d’identifier la stratégie intégrée poursuivie par l’État et ses partenaires pour soutenir la résilience au changement climatique, qui repose sur le renforcement de la capacité des communautés locales, des petits exploitants et des agriculteurs à s’adapter et à contribuer à la création d’un système alimentaire local plus résilient et plus durable. Dans ce cadre, le gouvernement s’efforce de fournir à ces populations un accès à l’eau, à l’énergie et aux infrastructures, et finance des activités génératrices de revenus sous la forme de petits projets de développement pour soutenir les familles pauvres et les aider à sortir de la précarité. En outre, le gouvernement se concentre sur les cantines scolaires en tant que pilier clé de notre politique alimentaire, en veillant à ce que les enfants aient accès à une alimentation saine et équilibrée, en particulier dans les zones rurales les plus vulnérables.
Nous avons également créé des centres dans tout le pays pour vendre des produits alimentaires subventionnés, ce qui permet à une grande partie de la population d’avoir accès à ces produits à des prix abordables. Parallèlement, nous soutenons les agriculteurs par la vente d’intrants agricoles, ce qui leur permet d’accroître leur production et de contribuer à la sécurité alimentaire.
Dans son discours sur l’état actuel de l’Organisation, la Commissaire à la sécurité alimentaire a souligné que le changement climatique est devenu une réalité à laquelle il faut faire face sérieusement et rapidement. “Bien que la Mauritanie souffre du phénomène de désertification, j’ai personnellement assisté ces derniers jours à une manifestation de ce changement climatique qui affectera sans aucun doute le niveau de la production agricole cette année, à savoir l’augmentation du niveau du fleuve Sénégal, qui cause de grands dommages aux communautés vivant dans la Vallée, et nécessite une intervention urgente des Etats au profit de ces citoyens”, a indiqué Mme Fatimetou Mint Khattry. Ces nouvelles manifestations du changement climatique imposent une nouvelle vision non seulement pour organiser une réponse à ces crises, mais aussi pour se concentrer sur le soutien à la résilience des populations rurales dans leurs sources d’alimentation et la nature de leurs habitations, ou en d’autres termes la création d’une économie rurale plus résiliente au climat.
Le gouvernement mauritanien a adopté une politique ambitieuse pour atteindre la souveraineté alimentaire à moyen et long terme. Cette politique est basée sur plusieurs réformes clés, dont la réforme foncière pour sécuriser l’accès aux terres agricoles. Cette vision vise à atteindre la souveraineté alimentaire en assurant à chaque Mauritanien l’accès à une alimentation suffisante et nutritive, ainsi qu’à permettre à notre pays de devenir un acteur indépendant capable de faire face aux crises alimentaires mondiales.
A la fin de son discours, Mint Khattry a souligné que la sécurité alimentaire est une priorité nationale en Mauritanie, insistant sur l’engagement du gouvernement mauritanien à mettre en œuvre des réformes profondes et durables pour y parvenir, ajoutant que notre pays continuera à travailler avec ses partenaires internationaux, y compris la FAO, pour relever les défis mondiaux qui menacent la sécurité alimentaire, afin d’assurer un avenir prospère et durable à notre peuple.