L'AMI

Le Ministre de l’Éducation Nationale, s’adressant au Président de la République : La famille éducative a pris acte des finalités et du contenu de votre supervision de la rentrée scolaire, à titre d’honneur et de délégation

Nouakchott

Le Ministre de l’Education nationale et de la Réforme du Système Educatif, M. Mokhtar Ould Dahi, a déclaré que la supervision de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, de la cérémonie officielle marquant le lancement de la rentrée scolaire 2023-2024 indique clairement que l’éducation est la première des priorités et que si l’on arrive à la mettre sur de bons rails, tout le pays ira dans le droit chemin.

Dans un discours qu’il a prononcé lors de la cérémonie d’ouverture de l’année scolaire à l’école de Lemrabott Brahim (Bah) Ould Mohamed Lemine, dans la moughataa de Teyarett (Nouakchott Nord), le ministre a passé en revue certaines des réalisations qui ont eu lieu ces dernières années en vue de développer le système éducatif, les programmes qui seront développés cette année pour améliorer les indicateurs de l’éducation, et les défis et déséquilibres les plus importants qui nécessitent des interventions en urgence.

Voici le texte intégral de ce discours :

« Excellence, Monsieur le Président de la République,

Excellence M. Le Premier Ministre,

M. le Président de l’Assemblée nationale,

M. le Chef de File de l’Opposition,

Excellences Messieurs les Ministres,

Excellences Messieurs les ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques,

Mme le wali de Nouakchott Nord,

Mme la Présidente de la Région de Nouakchott,

M. le Maire de la Commune de Teyarett,

Mesdames, Messieurs,

Notre rencontre d’aujourd’hui constitue l’occasion d’apprécier le sens de la supervision chaque année par Son Excellence le Président de la République de la cérémonie officielle de la rentrée scolaire. C’est aussi l’occasion de passer en revue certaines des réalisations En matière de développement du système éducatif, de mettre en évidence les défis les plus importants qui nécessitent des efforts pour être surmontés dans l’immédiat et à court terme. Tout cela nous permettra de mettre en exergue certains des programmes qui seront développés cette année en vue d’améliorer les indicateurs de l’éducation et d’envoyer des messages aux partenaires les plus éminents en matière de « Préoccupations et poids éducatifs ».

Monsieur le Président, votre supervision de la cérémonie officielle d’ouverture de l’année scolaire, et ce de manière continue depuis votre prise de fonctions, est une indication forte que l’éducation est le summum des priorités, et que « si elle est réconciliée, la nation entière sera réconciliée », et que les déséquilibres qui l’ont affligé au cours des dernières décennies nécessitent… Une réforme urgente, à laquelle vous attachez une place particulière en matière d’orientation, de suivi, d’évaluation et d’accélération, autant de messages que le système éducatif la famille a reçu dans son ensemble, en comprenant et en comprenant les objectifs et en les appréciant pleinement. Ainsi, à vous – Votre Excellence le Président – au nom de toute la famille éducative, en ce jour et à cette occasion, j’exprime mes sincères remerciements et gratitude, tout en exigeant plus d’attention et de suivi. Le contrôle et l’obligation d’atteindre les objectifs, comme base de la réforme de l’éducation et du rétablissement de l’École Républicaine, nécessitent votre suivi personnel de l’ensemble de la scène éducative.

Monsieur le Président

Les indicateurs scolaires se sont améliorés au cours des dernières années grâce à vos directives traduites par les politiques sectorielles dont je citerai des exemples en utilisant le langage convaincant des chiffres et des comparaisons :

– L’amélioration de l’allocation budgétaire générale accordée à l’Education et aux secteurs chargés de l’enseignement, d’appui de service et d’exécution de missions intrinsèques de 16% en 2016 à 19% en 2023. La hausse de la masse salariale du secteur de l’Education nationale de 48 milliards d’anciennes Ouguiyas en 2019 à 68 milliards en 2023.

En ce qui concerne l’accès, qui est un terme dont les déterminants incluent la disponibilité d’un nombre d’enseignants, de salles de classe et de bancs proportionnel au nombre d’élèves aux niveaux primaire et secondaire, l’effectif des enseignants est passé de 9607 en 2019 à 17222 en 2023. Ce qui représente un taux de 79%.

Comparé sur une période similaire, ce chiffre de recrutement est sans précédent.

L’achèvement ou le début de construction de 4646 salles de classe dont le secteur a déjà réceptionné 3020 salles de classe, tandis que 1626 sont encore en construction, dont la réception devra intervenir au cours de l’année scolaire qui vient de débuter. Ces salles de classe ont été construites par le Ministère de l’Habitat à raison de 78%, en plus de la Délégation Taazour et des Projets de l’Éducation.

Il convient de noter que la construction de ce nombre de salles de classe au cours de ces années est également inédit, même s’il reste urgent de poursuivre la construction et la réhabilitation de nombreuses écoles, en particulier dans les villages et les zones rurales, où l’état des édifices scolaires nécessite un programme spécial d’urgence de construction et de restauration.

En ce qui concerne la fourniture de tables-bancs pour les salles de classe, au cours des dernières années, 85000 tables ont été acquises, avec le besoin d’avoir davantage, même s’il est urgent de trouver une solution permanente pour l’entretien et la réparation des tables-bancs, ce qui sera bientôt fait, avec l’aide d’Allah, en coordination avec les secteurs concernés.

Le nombre d’écoles bénéficiant de cantines scolaires a augmenté quant à lui de 140%, puisque ce nombre est passé de 512 écoles en 2019 à 1379 écoles en 2023, en plus de l’augmentation de l’effectif des élèves bénéficiant de prises en charge de 216%, puisque ce chiffre est passé de 63025 élèves en 2019 à 199337 en 2023.

Quant au domaine de la qualité de l’éducation, je me contenterai d’indicateurs démontrant une amélioration acceptable de la qualité du service éducatif, dont le premier est :

– L’augmentation notable des taux de réussite aux examens nationaux. Le taux de réussite au certificat de fin d’études primaires a atteint 59,5% en 2023, contre 56,98 en 2019. Le taux de réussite au certificat de fin de premier cycle est passé de 32% en 2019 à 38,08% en 2023, tandis que le taux de réussite au baccalauréat a atteint 27,72% en 2023 contre 16,82% en 2019.

Il convient de noter que ces taux de réussite cachent certaines disparités selon les régions, puisque certaines Wilayas enregistrent encore des taux de réussite inférieurs à la moyenne nationale.

Le département travaille à la concrétisation réelle d’un mécanisme qui permettra d’augmenter les taux de réussite dans les zones les plus faibles à travers le programme « Joussour» qui offrira aux élèves – dès le début de l’année scolaire en cours – un soutien et un renforcement dans les matières de base, et permettra également de gérer des caravanes composées des meilleurs enseignants, professeurs et inspecteurs d’élite d’expertise et d’expérience, pour présenter des cours sur place dans les zones précitées, comme il sera procédé à travers ce mécanisme, à l’attribution de primes incitatives aux professeurs des classes terminales dans ces zones afin de dispenser des cours réguliers de rattrapage.

L’amélioration de la qualité du service éducatif peut être déduite des résultats de l’évaluation des enseignants diplômés des Ecoles Normales des Instituteurs (ENI) après la réforme connue par ces écoles. Il s’agit d’une évaluation qui a prouvé que les enseignants formés après la réforme sont plus efficaces que leurs homologues.

Afin d’augmenter la qualité de la gouvernance du secteur, un système d’information a été développé ces dernières années pour moderniser la gouvernance et la gestion du secteur : le système «Siraj », qui a permis un contrôle plus poussé des ressources humaines et des moyens logistiques. Il sera procédé, avec l’aide d’Allah, à la consolidation des acquis réalisés dans ce domaine et la rectification des dysfonctionnement observés.

La mise en œuvre rapide des exigences de la loi directive sur l’éducation à travers la révision de certains programmes, notamment la première, la deuxième et la troisième année de l’école primaire, la création de l’Institut national de promotion des langues nationales, le lancement des procédures de sélection d’un certain nombre de professeurs de langues nationales à des fins de formation tout au long de cette année scolaire, en perspective du coup d’envoi de l’enseignement expérimental des langues nationales, au début de la prochaine année scolaire 2024-2025, sont d’autres indicateurs de la qualité de l’Éducation.

Bien que j’ai eu à évoquer le développement en matière de qualité, celle de l’enseignement public reste un objectif qui n’est pas encore à portée de main, et sa réalisation nécessite l’effort de tous. Je l’affirme, la qualité de l’enseignement se fera par L’École Républicaine, qui doit être complète et de haute qualité, ce qui est requis, c’est une « mobilisation collective» de tous les dispositifs de l’Etat, le ministère, les parents d’élèves et la société civile qui soutiennent l’éducation. Il n’y a pas d’autre choix qu’une école républicaine véritablement inclusive et en même temps de qualité affirmée.

Il s’agit, Monsieur le Président, de réalisations tangibles, mais la voie de la réforme de l’éducation, la généralisation et l’amélioration du service éducatif, ainsi que l’exclusivité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques, sont encore des objectifs inaccessibles en raison de certains défis, notamment celui de la mobilisation des fonds nécessaires dans le but d’augmenter de manière significative les salaires et indemnités des enseignants, dont ceux qui portent la craie et les encadreurs.

Malgré des augmentations répétées des primes d’incitation (craie, équipement, éloignement…) de 50 et 150 %, la profession d’enseignant ne sera pas attractive pour des personnes compétentes et dévouées sans des salaires rémunérateurs et incitatifs, et l’enseignement ne sera pas de qualité si le professeur n’est pas mis dans des conditions meilleures.

La réhabilitation ou l’extension de milliers d’établissements d’enseignement, notamment leur entretien, nécessite aussi des financements. Les financements disponibles aujourd’hui, sont inférieurs à ceux requis… Il est certain, Monsieur le Président, que vous tenez à ce que, chaque fois que de nouvelles ressources publiques sont enregistrées, l’Education et les enseignants en auront une part connue et abondante.

Le deuxième défi est celui du désordre qui caractérise la carte scolaire et le manque de rationalisation des moyens humains et logistiques dû à la sédentarisation anarchique et à la fragmentation arbitraire, qui rendent difficiles la conjugaison de l’accomplissement de l’État de ses devoirs et l’obligation à la scolarité obligatoire pour les 6-15 ans, la sédentarisation familiale voire individuelle, comme en témoigne le nombre d’écoles incomplètes : 2077, soit 57% du total des écoles primaires du pays, ce qui oblige les secteurs responsables de la modernisation, de l’habitat, de l’enseignement originel, de l’enfance à réfléchir rapidement et à une exécution plus accélérée pour rationaliser la carte scolaire de manière à combiner une normalisation réaliste et une rigueur constante dans son application.

Le troisième défi est celui de parvenir à l’équité et de fournir un service éducatif de proximité et de qualité à ceux qui ont moins de chance en matière d’éducation. De nombreux villages sont toujours dépourvus d’écoles décentes et les capacités sont encore limitées en matière de contrôle de la présence des enseignants dans ces villages, car les rapports et les indicateurs sont fréquents faisant état de taux élevés d’absentéisme des enseignants et de faibles niveaux d’élèves.

Des milliers d’enfants ne sont toujours pas scolarisés en raison d’un faible encadrement familial, ce qui nécessite une action gouvernementale et collective intensive pour qu’aucun enfant mauritanien en âge d’être scolarisé ne demeure en marge du campus scolaire.

Monsieur le Président,

Ce sont des réalisations notables et des défis à relever, mais le secteur est armé d’ambitions majeures et réalistes. Nous devons donc:

I. consolider et développer les acquis en continuant à améliorer l’accès et à travers le recrutement annuel régulier des enseignants et une rigueur complète et absolue dans la lutte contre l’absentéisme et en continuant à construire des centaines de salles de de classe et la fourniture de dizaines de milliers de tables-bancs.

II. L’année scolaire 2023-2024 sera également axée sur la qualité à travers plusieurs programmes et mécanismes, tels que le programme « Intégration pour la discrimination positive dans les écoles secondaires d’excellence », Notons à ce point que vous vous avez donné des instructions pour conceptualiser et mettre en œuvre le programme « Joussour » pour augmenter les taux de réussite dans les wilayas et Moughataas ayant les taux de réussite les plus faibles. Le programme « Mewahib » aura à augmentera et intensifier la formation de personnalités distinguées dans le but d’apporter une contribution distinguée aux concours régionaux et internationaux et au Prix du Président pour les Mathématiques, la Physique et le Sciences naturelles.

En outre, une attention particulière est accordée aux initiatives visant à accroître l’intérêt pour les mathématiques et à orienter davantage les élèves vers la filière Mathématiques de l’enseignement secondaire, après avoir malheureusement constaté une baisse de l’orientation vers cette filière, en plus de formation continue des enseignants, en améliorant leur expérience, et en mettant l’accent sur la qualité de l’enseignement à l’École républicaine, qui est le « pilier de l’éducation ».

Les indicateurs de l’année universitaire 2023-2024 seront meilleurs, avec l’aide d’Allah. La plus grande confiance pour atteindre les objectifs fixés et améliorer les indicateurs décrits repose sur les enseignants de terrain : instituteurs, professeurs et équipes de supervision. Et je connais, ô professeurs, votre droit moral à la société dans son ensemble, vos conditions, l’insuffisance de vos salaires, mais je compte sur votre patriotisme, votre sacrifice, votre diligence et votre attachement à cette confiance pour relever les défis. Je vous salue en ce jour dans toutes les écoles du pays et je tiendrai compte de vos peines et soucis pour relever le défi et redonner à l’école publique sa distinction, son attractivité et son prestige, et cela est bien possible.

La confiance dans la réalisation des objectifs repose également sur vous – les parents d’élèves – car vous êtes le premier bénéficiaire, et je vous remercie et apprécie les efforts déployés, et je sais que vous pouvez faire plus si vous créez un bureau actif et dynamique dans chaque école qui surveille, observe, suggère, critique.

Nous comptons également sur les autorités administratives (Walis et Hakems) et sur tous les dispositifs officiels pour une surveillance et un suivi optimaux tout au long de l’année scolaire, et j’insiste tout au long de l’année scolaire sur la compétition positive dans L’amélioration des indicateurs de l’éducation au niveau de chaque wilaya et chaque moughataa, à travers le suivi quotidien de toutes les écoles et tous les établissements d’enseignement et la prise des mesures appropriées pour surmonter tous les obstacles.

Au nom de mes collègues ministres chargés des secteurs liés à l’Education, je remercie les autorités administratives pour les efforts déployés, et je leur promets que nous serons à l’écoute de toutes leurs propositions qui trouveront une réponse rapide, au cas où elle ne sera pas immédiate et instantanée.

Nous comptons aussi sur les collectivités locales (communes et conseils régionaux), car l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire et professionnel relèvent de vos domaines de compétence. Je vous remercie pour ce que vous faites et ce que vous déployez, notamment certains conseils régionaux et certaines municipalités, mais je vous appelle à faire davantage : équiper les écoles, motiver les enseignants et consacrer le chapitre le plus important de vos budgets à l’Éducation.

J’appelle également les autorités compétentes à accélérer le transfert et l’attribution de toutes les capacités financières possibles aux collectivités locales afin qu’elles puissent mener à bien leurs missions, notamment en matière d’éducation.

Nous comptons par ailleurs sur des hommes d’affaires, des organisations caritatives et des organisations de la société civile qui militent en faveur de l’éducation.

De ce point de vue, je salue les initiatives individuelles, collectives et caritatives qui ont construit des écoles et financé et sponsorisé de nombreuses initiatives visant à améliorer l’accès et la qualité de l’éducation, et je les remercie et laisse les concurrents rivaliser dans les investissements caritatifs dans l’éducation, et que l’accent soit mis sur les zones les moins favorisées en matière d’éducation, en construisant et en réhabilitant des écoles et en motivant les enseignants… c’est cela la priorité. C’est cela Ribat.

Monsieur le Président, je vous renouvelle mes remerciements pour votre encadrement continu de la rentrée scolaire et je confirme la réception de la famille éducative des finalités et du contenu de cet encadrement avec honneur et responsabilité.

je vous remercie ».

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