Le Président de la République à Rosso pour clôturer le dossier du rapatriement des Mauritaniens réfugiés au Sénégal
Le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, se rendra dimanche à Rosso pour présider la cérémonie officielle de clôture des opérations de rapatriement des Mauritaniens réfugiés au Sénégal.
La cérémonie intervient après le retour, dans la mère patrie, du dernier contingent de ces réfugiés. Les opérations de rapatriement avaient été décidées dans le cadre d’un accord tripartite entre la Mauritanie, le Sénégal et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), signé le 12 novembre 2007.
Une semaine plus tard, des Journées nationales de concertation et de sensibilisation pour le retour des déportés ont été organisée à Nouakchott en présence de plus de 3.000 personnalités.
A cette occasion, la classe politique nationale, tous partis politiques tous confondus, et la société civile avaient dégagé un consensus total autour de cette question.
Pour assurer une bonne organisation du processus de rapatriement, l’Etat a créé l’Agence nationale d’appui et d’insertion des réfugiés (ANAIR), instituée par décret en date du 2 janvier 2008 et fruit des Journées nationales de concertation.
Sur le plan pratique, le premier contingent, composé alors de 28 familles, débarqua à Rosso dans une atmosphère de liesse populaire émouvante, le 29 janvier 2008 après 19 ans d’exil forcé.
Aujourd’hui, 23.995 réfugiés répartis sur 5.720 familles sont déjà rentrés en Mauritanie à travers 1105 contingents et installés dans 120 sites/villages dans 5 wilayas d’accueil (Brakna, Trarza, Gorgol, Guidimagha et Assaba).
Dans une seconde phase, l’ANAIR a mis en oeuvre un programme urgent visant à garantir à ces populations les conditions d’une vie décente et pérenne, à favoriser leur intégration dans leur environnement social et naturel et à renforcer tous les facteurs de cohésion sociale entre les communautés de rapatriés et d’accueil. Dans ce cadre, les familles rapatriées ont bénéficié de la
distribution d’un total de 7.606 vaches laitières suitées, de 170 opérations d’embouche ovine, de l’aménagement hydro agricole de 116, 6 hectares, de l’instauration de 2.250 hectares de réserves pastorales et de 1.120 hectares de champs de diéri ainsi que de la construction de 29 parcs de vaccination.
L’ANAIR a en outre réalisé, à la même fin, 6 forages et offert 12 groupes électrogènes aux villages s’alimentant à partir du Fleuve, en plus de 9 puits, 10 raccordements et 103 moulins et décortiqueuses, de la construction de 53 mosquées équipées, de 10 dépôts pharmaceutiques, de 113 salles de classes équipées, de 6 marchés communautaires, de 104 boutiques communautaires et du recrutement de 87 enseignants pour l’éducation des enfants des rapatriés.
Le 25 mars, une date hautement symbolique pour l’unité nationale
Le choix de la journée du 25 mars pour boucler cet épineux dossier, n’est pas fortuit. En effet, c’est en ce jour de 2009 que le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz avait donné le coup d’envoi effectif du processus de règlement du passif humanitaire découlant des violations des droits de l’homme commises en Mauritanie. Violations qui avaient honteusement porté un coup dur à l’unité nationale et hypothéqué, pendant de longues années, la cohésion sociale et le développement harmonieux du pays.
Son excellence avait, aussitôt aux commandes du pays, entrepris les démarches permettant d’asseoir les fondements stables du règlement de ce dossier en collaboration avec les organisations de défense des droits des victimes.
C’est dans cette logique de sincérité, de détermination et de sérieux que la responsabilité de l’Etat dans les malheureux évènements qui avaient eu lieu a été reconnue et que le droit à la compensation au profit des victimes et ayant droits a été affirmé. Le point d’orgue de cette réconciliation avec nous-mêmes avait été l’affirmation du devoir de mémoire envers les disparus, matérialisé par la prière de l’absent sur les âmes des victimes, accomplie le 25 mars 2009 à Kaédi.
Cette approche; sans précédent dans le pays, aussi bien au niveau du règlement du passif humanitaire qu’au niveau du rapatriement des réfugiés, a été hautement saluée par la Communauté internationale par la voix du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Nous exprimons notre ” appréciation positive des efforts du gouvernement mauritanien pour la réintégration des réfugiés qui ont fui le pays entre 1989 et 1992 et qui ont été rapatriés en Mauritanie “, avait déclaré Navi Pillay, Haute Commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme, dans un communiqué rendu public à Genève juste après une visite dans notre pays, les 27 et 28 avril 2011.