Le ministre du Pétrole: «le développement des énergies renouvelables constitue l’une des clés de lutte contre les changements climatiques et la pauvreté»
le ministre du pétrole, des Mines et de l’Énergie, M. Abdessalam Ould Mohamed Saleh, a affirmé, mardi, que le développement des énergies renouvelables et singulièrement de l’hydrogène vert pourrait en effet être l’une des clés de lutte contre les deux grands défis auquel l’humanité est confrontée : les changements climatiques et la pauvreté.
Cette réunion vise principalement à lancer des discussions approfondies avec un groupe d’acteurs publics et privés de premier plan et d’experts sur la vision stratégique à long terme pour le développement des secteurs de l’énergie et des mines en Mauritanie.
Le ministre a déclaré, lors d’un discours prononcé, à l’occasion de la rencontre, organisée autour des stratégies de l’énergie et des mines, que l’ambition de son départements est de positionner la Mauritanie comme un hub régional de production et d’exportation d’Energies intégrés – gaz et énergies renouvelables – ainsi que des métaux transformés pour la production d’acier vert et de métaux à bas carbone à destination des marchés internationaux, Européens notamment.
Il a ajouté : Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a fixé pour le Gouvernement dans ce domaine l’ambition de promouvoir la position de la Mauritanie en tant que centre régional pour la production et l’exportation de capacités intégrées – gaz et énergies renouvelables – les métaux transformés et la production d’acier vert et de métaux à faible teneur en carbone pour les marchés internationaux, en particulier en Europe.
Cette ambition, si difficile qu’elle puisse paraître, reste en place compte tenu:
– Premièrement, nos grandes ressources gazières estimées à plus de 100 trillions de mètres cubes, y compris le champ GTA que nous partageons avec État frère du Sénégal, et le champ de gaz Biralla, situé dans la même bloc et entièrement positionné dans nos eaux territoriales,
– Deuxièmement, étant donné nos vastes ressources solaires et aériennes estimées à 4000 GW, dont 500 peuvent être développés en tenant compte des exigences environnementales plus strictes,
– Troisièmement, à la lumière de nos vastes réserves de fer estimées à plus de 1,5 milliard de tonnes.
Cette ambition s’inscrit également pleinement dans le cadre des conventions internationales sur le changement climatique et de la dynamique mondiale visant à accélérer le transport de l’énergie.
Le ministre a rappelé que cette rencontre a été préparée par un ensemble d’études stratégiques réalisées tout au long des mois écoulés avec l’appui de la Banque Mondiale, études consacrées notamment au développement d’une vision du secteur pétrolier, au plan directeur du gaz, à une feuille de route pour le développement de l’hydrogène vert en Mauritanie, au développement du contenu local des industries extractives ainsi qu’à la restructuration de la société Mauritanienne des Hydrocarbures.
«Ces études s’ajoutent à celles menées avec l’appui de l’Union Européenne, de la Banque Mondiale et du PNUD et qui se concentrent plus spécifiquement sur le secteur de l’électricité, notamment le projet de code moderne de l’électricité, la restructuration de la SOMELEC qui vient d’être approuvée par le Gouvernement, la stratégie nationale de l’électrification à moindre cout et son plan d’action qui seront finalisés dans les jours à venir».
Au sujet de notre stratégie nationale de développement de l’Energie, le ministre a précisé qu’elle vise trois objectifs fondamentaux : renforcer la souveraineté énergétique du pays en développant à grande échelle l’ensemble de nos ressource énergétiques, gazières et en énergies renouvelables notamment ; Assurer un accès universel de l’ensemble des citoyens Mauritaniens à l’électricité à l’horizon 2030. A l’horizon 2024.
«Il s’agira d’atteindre un taux proche d’accès 100% en zone urbaine et doubler l’accès à l’électricité en milieu rural par rapport aux niveaux actuels ; Faire du secteur de l’Energie une locomotive du développement économique et social», a-t-il noté.
Au sujet des études liminaires menées dans le cadre des projets Aman et Nour, promus par les sociétés CWP et par Chariot, le ministre a déclaré que celles-ci montrent que la mise en œuvre de ces projets pourrait engendrer une croissance soutenue à deux chiffres à partir de 2030 et contribuer à résorber de moitié du taux de chômage, grâce aux effets directs et aux effets induits multiples dont bénéficiera l’ensemble de l’activité
S’agissant de la politique de transition énergétique, il a précisé que sa trajectoire inclura trois grandes périodes : La première phase de 2022 à 2027 sera consacrée au développement des ressources de pétrole et de gaz du pays en renforçant le partenariat avec nos partenaires privés étrangers, BP, Kosmos, mais aussi Shell, Total, Cairn et d’autres encore. Au cours de cette phase la priorité sera de mettre en œuvre de façon progressive les options de monétisation des ressources de gaz identifiées dans le Plan Directeur de développement des ressources gazières et pétrolières.
La phase 2027-2030 sera la phase de consolidation et d’extension des projets de développement du gaz mais aussi d’initiation des mesures de décarbonations modeste et du lancement du début de mise en œuvre des projets d’Energie renouvelable à grande échelle.
Et enfin, la période 2030 et au-delà qui sera la période de développement à grande échelle de la production d’ammoniac et d’hydrogène vert en Mauritanie. C’est également la phase au cours de laquelle les projets de gaz et de pétrole éventuels devraient atteindre leur seuil maximal.
Toutefois, M. Mohamed Saleh a souligné que la réalisation l’ambition de positionner stratégiquement la Mauritanie dans le nouveau contexte mondial comme hub régional d’Energie intégrée et de production de minerai vert n’est pas gagnée d’avance ; car les défis et les obstacles sont à cet égard importants, rappelant dans ce cadre que des actions en profondeur seront nécessaires sur le cadre juridique, sur la Gouvernance, sur les institutions et sur le développement des ressources humaines. Tout comme l’élaboration d’un cadre légal spécifique à l’hydrogène vert.
Le ministre a rappelé, par la suite, le message de Son Excellence M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, au sujet de la priorité qu’il attache au renforcement de la gouvernance et de la réforme de la gouvernance, ainsi que son engagement à promouvoir les investissements directs privés et étrangers dans les secteurs productifs.
«Vous poursuivrez sous peu les présentations sur divers aspects de l’accélération de la transition énergétique et de la construction d’une industrie minérale verte en Mauritanie, comme indiqué dans le programme. Avant cela, nous signerons des accords-cadres qui accorderont une période de neuf mois plus trois chacun à CWP et Chariot afin d’élaborer une convention pour le développement de projets d’hydrogène vert (sécurité) et (Noor), respectivement», dit-il.
Enfin, M. Mohamed Saleh s’est dit rassuré que les participants sortiront confiants de la rencontre quant à l’avenir prometteur de notre pays et convaincus des énormes bénéfices qui peuvent être tirés du partenariat public-privé pour le développement du gaz, des énergies renouvelables et des ressources minérales.