M. Amine Mati, chef de division adjoint au Département Moyen-Orient et Asie centrale au Fonds monétaire international (FMI), a exprimé jeudi à Nouakchott la satisfaction de son institution des résultats macro-économiques réalisés par notre pays en 2010.
Un taux de croissance de 5,2% a été enregistré pendant cette année, s’est félicité M. Mati lors d’une conférence de presse au terme d’un séjour, du 20 avril au 4 mai en Mauritanie, à la tête d’une mission du FMI.
Cette mission avait pour but d’évaluer la situation économique et de discuter les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des politiques et des réformes économiques dans le cadre de la deuxième revue de l’accord triennal 2010 – 2012 soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC).
Pour ce faire, elle a rencontré les autorités publiques, l’opposition, la société civile et les bailleurs de fonds, a indiqué M. Mati, expliquant que la performance enregistrée au niveau du taux de croissance s’explique notamment par le raffermissement des prix des produits miniers dont la Mauritanie est exportatrice.
Il a ajouté que le taux d’inflation a été contenu à 6,1% pendant la même année en dépit de la hausse des cours des matières premières, que le solde courant de la balance des paiements a été amélioré et que le stock des réserves de change a été consolidé pour atteindre 287 millions de dollars américains, soit l’équivalent de 2,1 mois d’importations.
Le responsable du FMI a toutefois noté que le chômage reste élevé et que l’économie mauritanienne fait face, depuis quelques mois, au défi que pose l’envolée des cours internationaux des denrées de première nécessité et des produits pétroliers.
Evoquant les dépenses additionnelles occasionnées par le programme Solidarité 2011 lancé dernièrement par le Gouvernement pour contrer les effets de la hausse des prix des produits de base, il a considéré qu’il s’agit de dépenses tout à fait appropriées à court terme pour maintenir la cohésion sociale. Elles (les dépenses) se sont, en revanche, pas soutenables pour le long terme dès lors qu’elles sont financées, en grande partie, par des recettes minières fort vulnérables aux chocs exogènes, a-t-il précisé.
M. Mati a souligné que les discussions ont aussi porté sur le remplacement progressif des subventions par un système de protection sociale bien ciblée et mis en place en collaboration avec les autres partenaires au développement.
Il a félicité les autorités mauritaniennes pour la finalisation du troisième plan d’action du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLCP) couvrant la période 2011 – 2015. Il a salué la concordance de vue avec le Gouvernement sur la poursuite des efforts de consolidation budgétaire et d’approfondissement des réformes structurelles dans les domaines des finances publiques, des entreprises publiques, du secteur financier et de la fonction publique.
S’agissant des attentes pour 2011, le chef de division adjoint au Département Moyen-Orient et Asie centrale au FMI a indiqué que le programme adopté pour la période 2010 – 2012 vise un taux de croissance de 5,3% du PIB réel hors pétrole, un taux d’inflation stabilisé autour de 7,5% et des réserves de change de 2,7 mois d’importations.
Au cours de la même conférence de presse, le ministre des finances, M. Thiam Diombar, a affirmé que la Mauritanie a atteint tous les objectifs qu’elle s’était fixés avec le Fonds monétaire international. Ces résultas, a-t-il ajouté, ont été positifs malgré la flambée des prix des produits alimentaires et énergétiques.
Il a précisé que toutes les réformes engagées par le Gouvernement ont pour objectif de réduire la pauvreté et de juguler le chômage par le bais d’une croissance économique toujours plus forte.
Le ministre a expliqué que les analystes économiques estiment que seul un taux de croissance au moins égal à 8% ou 9% peut influer réellement sur la tendance du chômage.
Répondant à une question sur les promesses de la Table ronde de Bruxelles qui avaient atteint 3,2 milliards de dollars, il a révélé qu’environ le tiers de ce montant a d’ores et déjà été mobilisé.
Pour sa part, le gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie, M. Sid’ahmed Ould Rayess, a déclaré que notre pays a réussi à renouer avec les grands équilibres financiers. Il a souligné que les deux grands défis qu’affronte la Mauritanie sont le chômage et la pauvreté, révélant que 32% de la population active dans notre pays n’ont pas d’emploi.
Le gouverneur de la BCM, qui répondait à une question sur les dépréciations de l’ouguiya par rapport aux devises étrangères, a rappelé dans ce cadre que le dollar américain, réputé le plus fort dans le monde, a perdu 70% de sa valeur au cours des dix dernières années. Il a cependant reconnu que le taux de dépréciation de la monnaie nationale a atteint 5,7% en 2010, se réjouissant du fait que la Mauritanie ait un taux de change des plus stables dans la sous-région.