Les travaux d’un atelier sur la justice transitionnelle, organisé par la commission nationale des droits de l’homme avec la collaboration du bureau du haut commissariat des nations unies pour droits de l’homme (HCNUDH) ont débuté mercredi à Nouakchott.
La rencontre a été l’occasion pour les participants de suivre trois exposés traitant des sujets relatifs à la thématique, aux objectifs et impacts de la justice transitionnelle, à l’esclavage et au passif humanitaire.
La justice transitionnelle est une thématique relativement récente des droits de l’homme est un outil de sauvegarde et de défense des droits de l’homme dans des contextes de gestion des héritages de passés marqués par la violation de ces droits.
Les objectifs poursuivis par ce mécanisme nouveau sont de:
-Mettre fin à l’impunité
-Restaurer la dignité des victimes
-Stabiliser la démocratie,
-Prévenir les conflits
-Promouvoir la réconciliation et la restauration de la confiance civique.
Dans son mot pour l’occasion, le commissaire aux droits de l’Homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, M. Mohamed Abdallahi Ould Khatra a souligné l’intérêt de l’organisation de cette réflexion eu égard à son sujet portant sur la justice transitionnelle et intervient à quelques jours de l’anniversaire de la journée de réconciliation nationale.
Il a ajouté que le Président de la République a aussitôt après son élection jeté des bases solides de règlement du problème du passif humanitaire suivant les normes internationales de la justice transitionnelle, notamment droit à la justice, au respect des obligations, à la compensation des victimes, aux excuses et la reconnaissance par l’Etat de sa responsabilité dans ce qui s’était passé.
Le commissaire a affirmé que toutes ces conditions ont été effectivement remplies depuis le discours historique du Président de la République à Kaédi le 25 mai 2009 et ce conformément aux spécificités de notre peuple musulman et au respect de nos engagements internationaux.
M. Mohamed Abdallahi Ould Khatra a, enfin, précisé que cet atelier va permettre aux participants d’acquérir des connaissances essentielles sur la justice transitionnelle et les étapes franchies dans le domaine, précisant que les recommandations formulées par les participants seront prises en considération par son département.
Pour sa part, M. Bamariem Baba KOITA, président de la commission nationale des droits de l’Homme a précisé qu’un remarquable déploiement des mécanismes judiciaires a été développé depuis la mise en oeuvre du processus de retour des réfugiés, de la prière aux morts à Kaédi en 2009 et de la réparation en faveur des ayants droits des victimes, la justice transitionnelle s’est imposée de fait comme une étape nécessaire permettant aux mauritaniens d’aller ensemble et de manière consensuelle vers une réconciliation nationale.
Il a ajouté que l’incrimination de l’esclavage, la détermination des autorités à réprimer les pratiques esclavagistes et à lutter contre ses séquelles constituent un réel espoir pour tous les mauritaniens en général et pour les Ongs des droits de l’homme en particulier.
Pour sa part, le responsable (HCNUDH) à Nouakchott a précisé que l’objectif de la justice transitionnelle est d’identifier les violations des droits de l’homme dans le passé et d’empêcher sa répétition éventuelle.
Il a aussi salué les efforts entrepris par la Mauritanie dans les domaines de la réconciliation nationale et du règlement du passif humanitaire.
Cinquante participants représentant les départements ministériels et les organisations de la société civile prennent part à cette rencontre.