Plusieurs centaines de milliers d’Egyptiens se mobilisent pour réclamer le départ du président Mohamed Hosni Moubarack
Plusieurs centaines de milliers d’Egyptiens se rassemblaient mardi au Caire pour une manifestation à l’appel de l’opposition qui espérait réunir un million de personnes et faire plier le président Mohamed Hosni Moubarak dont ils réclament le départ depuis une semaine.
Pendant ce temps, l’opposant Mohamed ElBaradei a déclaré mardi à la chaîne satellitaire Al Arabiya que M. Moubarak doit quitter le pouvoir “d’ici vendredi”.
“Vendredi (prochain) a été baptisé +jour du départ+”, a-t-il ajouté, indiquant espérer “que le président Moubarak quitte le pays avant cette date après 30 ans au pouvoir”.
“Je ne pense pas qu’il veuille voir davantage d’effusion de sang”, a-t-il dit, en référence aux troubles ayant émaillé les manifestations en Egypte et qui ont fait 300 morts depuis le 25 janvier selon la Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Navi Pillay.
Interrogé sur l’offre de dialogue faite par le nouveau vice-président égyptien, Omar Souleimane, M. ElBaradei s’est dit favorable à “un dialogue national global” mais a posé des conditions, “et en premier lieu le départ du président Moubarak”.
“Si le président Moubarak s’en va, tout ira dans la bonne voie”, a-t-il encore dit, soulignant que les manifestations en masse au Caire et à Alexandrie devraient “être pacifiques”.
De son côté, la haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Navi Pillay a évoqué mardi le chiffre de 300 morts depuis le début du mouvement de contestation en Egypte, précisant qu’il s’agissait “d’informations non confirmées”.
Navi Pillay s’est déclarée “profondément alarmée par le nombre croissant des victimes” en Egypte, en proie à des manifestations sans précédent.
“Le nombre de victimes augmente chaque jour et certaines informations non confirmées suggèrent que 300 personnes pourraient avoir été tuées, plus de 3.000 personnes blessées et des centaines arrêtées” a-t-elle précisé, selon un communiqué.
“Je demande instamment aux autorités égyptiennes de s’assurer que la police et les autres forces de sécurité évitent scrupuleusement l’usage de la force”, a-t-elle ajouté.
Pour sa part, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté mardi le régime égyptien de Hosni Moubarak à “satisfaire sans hésitations la volonté de changement” de son peuple.
“Ecoutez les cris du peuple et leurs revendications (…) Il vous faut satisfaire sans hésitations la volonté de changement provenant du peuple”, a-t-il dit lors de son discours hebdomadaire devant les députés de son parti, le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), réunis au Parlement.
Expliquant vouloir “faire une recommandation, un avertissement sincère au président Moubarak”, M. Erdogan l’a appelé à être “le premier” à adopter les mesures nécessaires pour la paix, la sécurité et la stabilité de l’Egypte.
Il espère que l’Egypte, “un pays de civilisations” pourra “satisfaire les revendications légitimes et compréhensibles” du peuple.
“Les libertés ne peuvent être niées ni reportées”, a estimé le chef du gouvernement turc, ajoutant espérer que la crise en Egypte puisse se résoudre “sans grandes souffrances”.
Sur le plan économique, l’agence de notation Standard and Poor’s a annoncé mardi avoir abaissé la note souveraine de l’Egypte, et envisage une nouvelle dégradation dans les trois mois, en raison de l’instabilité politique dans ce pays, au lendemain d’une décision similaire de l’agence Moody’s.
Quant au groupe d’ingénierie suisse ABB, il a annoncé mardi l’arrêt “temporaire” de ses activités en Egypte en raison des troubles politiques dans le pays.
“Par précaution, nous avons temporairement fermé des usines”, a précisé un porte-parole du groupe qui emploie en Egypte environ 1.600 personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel de 300 millions de dollars (217,9 millions d’euros).