Egypte: l’armée comprend les revendications “légitimes” du peuple et des appels de par le monde à ”une transition pacifique”
L’armée égyptienne a annoncé lundi soir qu’elle jugeait “légitimes” les revendications du peuple, qui manifeste depuis une semaine contre le gouvernement, et qu’elle ne recourrait pas à la force contre les manifestants qu’elle appelle à s’exprimer de manière pacifique.
S’adressant au “grand peuple d’Egypte”, le porte-parole de l’armée a affirmé que “la liberté d’expression de forme pacifique (était) garantie pour tous”, dans une déclaration diffusée par les médias officiels.
Cette déclaration survient à la veille de “marches d’un million” de personnes prévue mardi au Caire et à Alexandrie (nord) pour réclamer la chute du président Hosni Moubarak.
Il a aussi demandé aux Egyptiens de “s’abstenir de tout acte susceptible de perturber la sécurité et la paix des citoyens ainsi que les intérêts privés et publics” et les a appelé à “résister aux actes de vandalisme perpétrés par les hors-la-loi”.
“Les forces armées sont dans la rue pour vous (…). Vos forces armées n’ont jamais recouru à la force contre ce grand peuple qui l’a toujours soutenu, et ne le fera jamais”, a affirmé le porte-parole.
Quant au chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, il a appelé lundi à une “transition pacifique” en Egypte, où le président Hosni Moubarak fait face à un mouvement de contestation sans précédent depuis une semaine.
Pour leur part, les Frères musulmans ont rejeté lundi dans un communiqué le nouveau gouvernement égyptien et appelé à la poursuite des manifestations jusqu’à la chute du régime, au septième jour d’un mouvement de contestation sans précédent contre le président Hosni Moubarak.
“Les Frères musulmans (…) annoncent leur refus total de la composition du nouveau gouvernement, qui ne respecte pas la volonté du peuple”, annonce la confrérie dans ce communiqué.
A BRUXELLES, les ministres européens des Affaires étrangères ont appelé lundi à des “réformes démocratiques substantielles” conduisant à la tenue d’élections “libres et justes” en Egypte, confrontée à une révolte populaire sans précédent.
Dans une déclaration adoptée lors d’une réunion à Bruxelles, ils appellent les autorités égyptiennes “à se lancer dans une transition dans le calme via un gouvernement de rassemblement conduisant à un processus authentique de réformes démocratiques substantielles”.
Celles-ci doivent conduire “à des élections libres et justes”, précise le texte, qui reconnaît aussi “les aspirations légitimes et les souffrances de la population égyptienne”.
La Maison Blanche s’est dite satisfaite lundi de la “retenue” dont ont fait preuve jusqu’à présent ,selon elle, les forces égyptiennes de sécurité, et a appelé au calme à la veille de manifestations de masse prévues contre le président Hosni Moubarak.
Le porte-parole du président Barack Obama, Robert Gibbs, a affirmé que de multiples contacts avaient eu lieu entre les gouvernements américain et égyptien depuis le début des manifestations.
M. Gibbs est toutefois resté fidèle à la ligne de l’administration Obama depuis le début de la crise: appeler à une transition vers la démocratie sans aller jusqu’à réclamer le départ de M. Moubarak, un allié de longue date des Etats-Unis.
“Ce n’est pas à notre gouvernement de le déterminer, c’est aux Egyptiens de le déterminer”, a-t-il dit à propos de l’avenir du régime de M. Moubarak.