Les travaux du premier Colloque international sur la déontologie de la profession journalistique, organisé par le Syndicat des journalistes mauritaniens, ont débuté aujourd’hui, jeudi au Centre international des conférences de Nouakchott.
Ce forum, qui se poursuivra pendant deux jours, tiendra des débats sur un ensemble de problèmes et de sujets relatifs à l’éthique professionnelle, auxquels la presse en général et les médias mauritaniens en particulier sont confrontés.
Dans un discours prononcé à cette occasion, le ministre de la communication et des relations avec le Parlement, M. Hamdi Ould Mahjoub, a indiqué que la forte volonté des autorités nationales et les instructions claires du Président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz font que l’Etat veille scrupuleusement à la protection de la liberté d’expression de manière générale et de la presse indépendante en particulier.
Une volonté qui, selon lui, vise à développer le secteur de l’information et de la communication pour qu’il puisse contribuer activement à la construction de la nouvelle Mauritanie.
Voici ce discours dans son intégralité :
” C’est un grand honneur pour moi de superviser avec vous aujourd’hui l’ouverture du Colloque international de Nouakchott sur l’éthique et la déontologie de la profession journalistique, qui intervient peu après la tenue du deuxième Congrès du Comité de respect de l’éthique et de la déontologie de la profession de journaliste.
Il s’agit de deux événements qui suscitent l’espoir quant à réactivation des institutions d’autorégulation, en vue de parvenir à davantage de professionnalisme et de responsabilité.
A cette occasion, je félicite le Syndicat des journalistes mauritaniens pour les efforts qu’il déploie en faveur de l’appui des capacités de notre presse nationale, remerciant également toutes les institutions et personnalités participant à nos côtés à cet important forum pour l’avenir de la profession dans le pays.
Messieurs, Mesdames,
Les autorités publiques, animées d’une volonté solide et sur orientations claires du Président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, veillent à la protection de la liberté d’expression de manière générale et à celle de la presse en particulier ainsi qu’au développement du secteur de l’information et de la communication pour qu’il contribue efficacement à la construction de la nouvelle Mauritanie. Une Mauritanie que nous voulons un Etat de droit et une société harmonieuse, réconciliée avec elle-même et oeuvrant pour la démocratie et le développement global, dans un climat de liberté et de travail sérieux pour le changement constructif.
Le gouvernement déploie des efforts considérables ayant permis jusqu’à présent de renforcer les avancées obtenues en matière de formation et d’établissement de la carte de presse, en plus de l’adoption récente de la loi sur la libéralisation de l’espace audiovisuel.
Le ministère de la communication et des relations avec le Parlement s’attelle actuellement à formuler des lois organisant, entre autres, la presse électronique et le soutien public à la presse.
Je saisis cette occasion pour vous réaffirmer que l’assainissement du champ médiatique figure au premier plan des priorités du programme d’action de notre département. Je suis certain que cet intérêt occupe une place de choix parmi vos aspirations.
Je profite également de nos retrouvailles à cette importante rencontre pour rappeler que la liberté est un choix pour le journaliste : s’il se l’approprie et l’entretient, le résultat est positif et si, au contraire, il la délaisse on en abuse, le résultats est négatif.
Et Si l’homme ” est condamné à être libre “, selon un philosophe des milieux de la presse, il n’en demeure pas moins que le journaliste, en ce qui le concerne, est libre d’être libre.. ou de ne pas l’être.
La protection et le renforcement de la liberté ne peuvent avoir lieu sans le respect de la déontologie et de l’éthique de la profession dans le traitement de l’information, en forte corrélation entre, d’une part nos nobles valeurs islamiques vertueuses qui interdisent le mensonge, la dénonciation et la diffamation et préconisent la franchise et la diffusion de la paix, et d’autre part la responsabilité et le respect des constantes nationales et des pactes internationaux.
Dans le monde d’aujourd’hui, le journaliste se trouve confronté à des défis énormes qu’il est difficile de relever sans la coordination et le dialogue en raison du caractère récent des législations, des progrès techniques et du manque de formation chez la majorité des hommes du métier. Ce sont là des questions qui requièrent d nous tous de conjuguer les efforts, main dans la main, afin d’émanciper le secteur de la communication pour qu’il joue pleinement son rôle et qu’il accomplisse sa noble mission de la meilleure façon.
Notre espoir est grand que ce forum constitue un tournant décisif dans le domaine du respect de la déontologie de la profession journalistique et que votre aimable assistance parvienne à adopter un nouveau code d’éthique fixant les devoirs et les droits liés à l’exercice par les journalistes de leur métier de la presse en toute quiétude, honneur, liberté et fierté.
Sur ce, et avec la bénédiction d’Allah, je déclare ouverts les travaux du Colloque international sur la déontologie de la profession journalistique, vous souhaitant plein succès dans ces travaux “.
De son côté, M. Aidan White a estimé que parmi les défis qu’il convient de relever, la formation figure au premier plan. Il en est de même de la capacité de communiquer les données et informations à la société et du respect des droits professionnelles des journalistes.
Il a souligné que la presse professionnelle a un avenir prometteur mais que cela est tributaire de la contribution de tous à son soutien pour lui permettre de jouer son rôle avant de souhaiter que ce forum puisse provoquer un grand dialogue sur les mécanismes propres à assurer l’existence d’une presse professionnelle.
M. Omar Farouk Nour, secrétaire général de l’Association des journalistes africains a, dans un mot pour la circonstance, indiqué que cette rencontre permettra de discuter toutes les questions et problèmes importants pour la presse professionnelle.
Et de considérer qu’il y a nombre de défis auxquels la presse fait face aujourd’hui avec en tête la protection des journalistes et le respect des principes de la profession en matière de traitement de l’information.
Pour sa part, M. El Houssein Ould Medou, président du Syndicat des journalistes mauritaniens (SJM) avait dans son allocution précisé que le colloque va examiner un certain nombre de problèmes posés aux journalistes dans notre monde d’aujourd’hui estimant que l’heure est venue de prémunir les journalistes pour être à même de faire face aux défis qui les interpellent”.
Le patron du SJM a, ensuite, passé en revue les réalisations accomplies par son syndicat depuis sa création jusqu’à ce jour comme l’organisation d’ateliers de formation dont a profité un nombre considérable de journalistes nationaux; la publication d’une revue “Echo de la presse” en plus du rôle de l’association dans la défense de la liberté de la presse.
En ce qui le concerne, Dr. Abderrahmane Ould Horma Ould Babana, président du comité pour le respect de l’éthique et de la déontologie de la profession (CRED) a, dans son intervention, relevé que l’éthique et la déontologie pressionnelles d’une manière générale, sont un pilier fondamental pour toute action qui se veut réussie et un rempart solide pour éviter à ceux qui exercent la profession de journaliste de tomber dans les erreurs, interdits et autres dérapages dangereux, ce qui fait que les prendre en considération relève de la nécessité.
Il a ajouté que le CRED a joué, depuis sa mise sur pied, un rôle non négligeable dans l’orientation des journalistes et autres praticiens de l’information et de la communication à travers nombre d’ateliers et de séminaires qu’il a organisés.
La cérémonie d’ouverture du colloque s’est déroulée en présence du commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et à la société civile, du secrétaire général du ministère de la communication et des relations avec le parlement et de plusieurs représentants des partis politiques nationaux et du corps diplomatique accrédité en Mauritanie.