Le premier ministre supervise le lancement du Colloque international sur les études de sciences humaines en Mauritanie
Le premier ministre, Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, a supervisé samedi à Nouakchott le lancement du Colloque international sur les études de sciences humaines en Mauritanie, organisé sous le haut patronage du président de la république Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz.
Ce colloque est organisé par le Centre d’études et recherches sur l’ouest saharien (CEROS) en collaboration avec le Centre Jacques Brek pour les sciences sociales et humaines et l’ambassade de France en Mauritanie avec l’appui de l’Université de Nouakchott.
Le colloque vise notamment à honorer les pionniers de la recherche scientifique sur la Mauritanie qui ont déjà quitté notre monde, tels El Moctar Ould Hamidoune, Théodore Monod et Ba Omar.
Il cherche également à établir un bilan de la recherche scientifique sur la Mauritanie pendant les 50 dernières années, à permettre aux jeunes chercheurs intéressés à la Mauritanie de présenter leurs recherches et leurs projets dans le cadre des axes programmés et à publier un livre bilingue contenant les principales recherches et contributions présentées dans ce colloque.
Les axes inscrits au menu de cette rencontre qui dure 3 jours comprennent la culture et le patrimoine, les tribus et les ksour, les villes, les sources et l’écriture de l’histoire, la Mauritanie face à la mondialisation, la géographie, l’anthropologie et la sociologie urbaines, le genre et la stratification sociale, les mutations du domaine politique ou le type de gouvernement, l’Islam et ses applications en Mauritanie, la langue et l’enseignement.
Dans son discours d’ouverture, le premier ministre a souligné l’importance capitale qu’accordent les participants à la Mauritanie en tant que pays vierge dont la scène demeure réceptive à toutes les initiatives et à toutes les découvertes. Il a rappelé l’appétit des habitants nomades de la Mauritanie pour la science et la recherche en dépit de l’austérité de la vie, de l’hostilité du climat et des paysages, de la rareté des ressources, de l’absence d’un cadre organisationnel ou d’un Etat les protégeant ou encore de l’inexistence des moyens de transport et d’archivage.
” Vous, les petits fils des premiers fondateurs de la Mauritanie, prenez l’initiative, par le biais du CEROS, d’engager une réflexion collective relative aux connaissances productives sur la Mauritanie dans le domaine des sciences humaines pendant les 5 dernières années “, a lancé le premier ministre à l’adresse des participants.
Il a ajouté que cette rencontre représente une opportunité pour faire connaître le pays à travers son histoire, l’évolution de ses sociétés, la constitution de l’Etat, l’émergence de son économie et l’adaptation de sa structure au monde et à la mondialisation. ” Cette dimension internationale du colloque lui garantira sans nul doute une élégance scientifique et un écho dépassant les frontières de la Mauritanie “, a-t-il souligné.
Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a rappelé l’importance capitale qu’accorde le président de la république Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz à la science et aux connaissances et à leurs détenteurs, eu égard au rôle central dans le développement de la Nation.
Il a précisé que des chercheurs mauritaniens seront honorés par ce colloque, comme feu l’érudit El Moctar Ould Hamidoune et feu Omar Ba pour l’effort inappréciable qu’ils ont déployé pour écrire une partie de cette culture orale.
Le premier ministre a indiqué que les chercheurs et écrivains français, tels René Caillé et Saint Expéry, ont présenté un cliché des sociétés mauritaniennes qu’ils regardaient par l’oeil du voyageur occidental chrétien venant dans le cadre d’une opération de ” préparation ” non proclamée. ” Le mérite appartient à d’autres comme Théodore Monod et Pierre Bonett pour avoir présenté une autre image de ces sociétés en soulignant leurs spécificités culturelles et civilisationelles “, a-t-il signalé.
De son côté, Mme Mehle Mint Ahmed, présidente du Centre d’études et recherches sur l’ouest saharien, a indiqué que ce colloque réunit des chercheurs en sciences sociales en Mauritanie et de différents pays venus présenter la crème de leurs recherches et de leurs conclusions distinguées dans le domaine des sciences scientifiques sur l’ouest saharien et les régions avoisinantes et voisines de la Mauritanie. ” Notre pays est le centre de gravité de cet ouest saharien, ce qui fait que la plupart des recherches programmées s’y rapportent “, a-t-elle ajouté, expliquant que les sciences humaines constituent la pierre angulaire de toute renaissance scientifique et sociale réussie.
” Vous savez que l’homme ne peut être compris que dans un contexte de connaissance scientifique intégrée où se côtoient les dimensions religieuse, historique, psychologique, économique, juridique et sociale “, a souligné Mme Mehle Mint Ahmed.
Pour sa part, l’ambassadeur de France à Nouakchott, M. Michel Vandeporter, a indiqué que l’identité de la Mauritanie est aujourd’hui indiscutable contrairement à ce qu’elle était il y a 50 ans où le pays était considéré comme étant non durable, vu sa situation d’alors.
Il a ajouté qu’à cette époque, on pensait que la multiplicité des ethnies et des cultures en Mauritanie et la diversité de ses habitants étaient de nature à être une source de divergences sur la durabilité de l’Etat. Le contraire a été établi et il s’est avéré que ces facteurs représentent une source de richesse du pays et une marque importante de stabilité, a souligné le diplomate français.
Quant au chercheur Pierre Bonett, qui s’exprimait au nom du président du Conseil scientifique du Centre, il a considéré que ce genre de colloques vise essentiellement à évaluer ce qui a été fait dans le domaine de la recherche scientifique et à mettre en place une politique de recherche des actions à entreprendre à l’avenir. Il a ajouté que la rencontre cherchera à approfondir la recherche scientifique de façon efficace et à présenter la réalité des grandes publications sur le pays comme l’encyclopédie d’El Moctar Ould Hamidoune, expliquant que la recherche scientifique en Mauritanie continue de souffrir de plusieurs handicaps dont le plus saillant est la non spécialisation des chercheurs.
De son côté, le Pr Saleh Ould Moulaye Ahmed, a souligné, au nom des chercheurs, que les résultats des recherches mauritaniennes demeurent en deçà des ambitions, étant donné le manque de moyens. Cependant, a-t-il précisé, force est de reconnaître que des efforts louables ont été déployés dans le domaine de la collecte des manuscrits et de la recherche, ” même si ces efforts dont restés lettre morte “.
Il a réclamé que la recherche scientifique soit considérée comme domaine important requerrant une volonté sincère, une politique claire, un appui continu des pouvoirs publics et une identification des priorités et des objectifs, rappelant que ” la construction de la société de connaissances est le devoir de tous “.
Les travaux ont été ouverts en présence d’un certain nombre de membres du gouvernement et du corps diplomatique accrédité à Nouakchott en plus de personnalités culturelles et scientifiques et de chercheurs.