Dans le cadre de son programme et de sa plateforme d’échanges d’expériences, qui rassemble des acteurs nationaux francophones engagés dans l’action contre les mines anti-personnel et les sous munitions, le Centre International Déminage Humanitaire de Genève (CIDHG) a organisé lundi à Nouakchott, un séminaire dont l’objectif premier est de mobiliser les acteurs en la matière sur la nécessité d’une mise en œuvre efficiente des différents instruments de droit international humanitaire se rapportant aux mines et aux restes explosifs de guerre (incluant les munitions.
Dans le discours qu’il a prononcé à l’occasion de la tenue de ce 3e séminaire des acteurs francophones anti-mines, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, M. Mohamed Ould Boilil a précisé que la ” lutte anti-mine procède des soucis de la communauté internationale de garantir au mieux la sécurité des personnes et des biens “. Il a également indiqué qu’elle ” constitue une composante stratégique de la politique de développement économique et social mise en œuvre par le Gouvernement de la Mauritanie sous la conduite éclairée ” du président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz.
Le ministre a souligné, par ailleurs, ” toute l’importance qu’accorde le gouvernement au processus d’élimination des mines “, rappelant que cette menace permanente ” affecte la sécurité des populations et compromet les programmes de développement économique et social “. A propos de la concertation des pays francophones, le ministre a indiqué qu’elle ” revêt une importance capitale au moment où des groupes terroristes très actifs n’hésitent pas à faire usage d’engins mortel au détriment des personnes et des biens”.
Pour sa part, M. Cornelio Sommaruga, président honoraire du centre international de déminage humanitaire (CIDHG), basé à Genève, s’est dit particulièrement heureux de participer à ce troisième séminaire des acteurs africains francophones. Selon lui, cet atelier “témoigne, tout comme ceux organisés les années précédentes à Cotonou et à Dakar, de liens importants qui se sont créés au fil des années entre le CIDHG et l’Afrique francophone”, ajoutant que cela atteste aussi ” de la reconnaissance d’une expertise africaine qui gagne à être connue et de la volonté de donner davantage la parole aux programmes nationaux et de cerner au mieux leurs attentes et besoins”.
Il a ajouté que le centre continuera à aider de son mieux l’expertise accumulée dans le domaine de l’action contre les mines.
Le président honoraire du CIDHG a ensuite rendu un hommage particulier à la Mauritanie ” qui s’est engagée très tôt dans la lutte contre les mines antipersonnel ” et les armes à sous munitions.
En effet, depuis 2000, un bureau national a été créé dans le pays qui deviendra par la suite l’actuel PNDHD. En signant le 19 avril dernier la convention sur les armes à sous munitions (CASM), la Mauritanie est devenue le 106e pays et 40e Etat africain à rejoindre le traité. Avec une future ratification mauritanienne de la convention sur les armes à sous munitions, ” cet engagement exemplaire ” sera désormais concret dira, M. Cornelio Sommaruga.
De son côté, le Général Jean-Luc Delon, Directeur du Programme francophone au CIDHG a remercié la Mauritanie ” pour son hospitalité d’exceptionnelle qualité”, indiquant que la philosophie qui sous-tend cet éventement est
” D’apporter aux acteurs de terrains francophones, dans tous les domaines de l’action contre les mines, le complément d’informations le plus utile et le plus adapté possible “, en plus de la valorisation de ” l’expertise et de l’expérience africaines afin de contribuer ” à son partage commun. Résumant cette philosophie, il dira : ” bref, cette rencontre doit offrir à nouveau un cadre unique d’échanges, dans la magnifique langue que nous partageons au sein de notre famille francophone “.
La cérémonie d’ouverture de la rencontre s’est déroulée en présence des ministres de la Défense Nationale et des Affaires économiques et du développement, respectivement M. Hamadi Ould Hamadi et Sidi Ould Tah ainsi que du Secrétaire Général du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation M. Mohamed El Hadi Macina et du Lieutenant Colonel Alioune Ould Mohamed El Hacen, Coordinateur du programme national de déminage.